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Salut! Moi c'est Steph, un gars professionnellement libre. Plongé dans les interwebs depuis 1991, j'aime bien mettre une dose de business dans mon bol de projets Web. » En savoir plus.

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Hébergement et serveurs dédiés

À retenir de l’aventure Capazoo

 

Alors ça y’est : Capazoo a l’air plutôt à l’agonie sur son lit de mort. Heri me dit que le restant des employés à été mis à la porte hier en plus qu’il y aurait une pancarte « à louer » devant les bureaux de Capazoo.

Il ne reste plus qu’à tirer la « plug » sur leurs coûteux serveurs (5M$ en hébergement pour 3 ans pour 14 000 membres… ouch!) et Capazoo sera de l’histoire ancienne. Bien que M. Corriveau, un porte-parole d’un fondateur, semble croire que tout sera revenu à la normale dans quelques jours…

Je n’ai évidemment pas été un chaud partisan de ce projet dès le départ. J’aurais honnêtement préféré un projet qui aurait pu devenir la fierté des entreprises Web au Québec. J’aurais aimé parler d’un site qui démontre au reste du monde qu’on peut lancer des projets d’envergure planétaire ici, au Québec.

Alors, quoi retenir de cette histoire?

De l’argent, oui, mais…

Ce qui a frappé dans le projet Capazoo, c’est le financement qu’ils ont eu. 25 M$ plus un autre 20 M$ possible. Le tout flambé en 2 ans. Considérant la masse salariale de 150 employés, des commissions et salaires des fondateurs (1.2 M$ en un an), c’est normal que c’est vite flambé. Pourtant, je connais beaucoup de gens qui aurait fait 10 fois mieux avec 10 fois moins…

Trop, c’est comme pas assez

Justement, c’est quoi la mentalité ici? On va mettre une tonne de fric et tout défoncer? Ça ne marche pas de même. Perso, démarrer une entreprise avec une centaine d’employés, je crois que c’est courir après le trouble. Il n’y a encore aucune structure, la roue ne tourne même pas et il faut mettre à l’œuvre 100 personnes? Pas étonnant que la première version a été mise aux poubelles puis tout refait à partir de zéro… après un an! Le temps qu’ils apprennent à travailler ensemble quoi.

Mieux vaut tard que jamais… pas toujours vrai!

MySpace et Facebook, ceux à qui Capazoo voulait faire la barbe, datent de 2003 et 2004, soit plus de 3 ans. C’est une éternité dans le Web où les pionniers ont l’avantage du first-mover. Google a démontré qu’un late mover peut réussir, mais combien y a-t-il d’exemples à succès comme Google?

On n’achète pas une communauté

Les communautés qui fonctionnent sur le Web ont débuté par un simple projet qui répondait à un besoin. Puis, la communauté s’est bâtie autour de ça et à grandi avec le temps. Bref, ces projets ont une âme auquel  les utilisateurs s’identifient. On n’impose pas une forme de communauté, c’est la communauté qui nous guide sur la manière de la faire évoluer. Résultat? On a 14 000 utilisateurs plutôt que le million prévu.

Connaître ce dans quoi on s’embarque

Sérieusement, dans la direction et les actionnaires, est-ce qu’il y avait quelqu’un qui connaissait le Web? Ils connaissaient les affaires, la finance, le sport, la vente, les avions, les chars de luxe, mais le Web? On ne lance pas une communauté Web comme on ouvre un McDo au centre-ville de Montréal.

Grand public et payant, c’est mal

Faire payer le grand public pour accéder à une communauté grand public? Surtout alors que les compétiteurs et autres alternatives sont gratuits? Surtout sachant que faire payer les gens sur le Web, même 1$, c’est très difficile? Plusieurs ont essayé, peu ont réussi.

Les zoops?

Les zoops, cette monnaie virtuelle que les membres VIP (lire payants) pouvaient gagner et ensuite dépenser chez un réseau de partenaires avec une carte de débit. C’est une vraie mentalité d’affaires traditionnelle qui ne colle pas au Web.

Mélanger de bons ingrédients ne donne pas nécessairement un bon plat

Si on prend chaque élément qui distingue les sites à succès (profils, réseaux, videos, etc) et qu’on les placent dans un même endroit, ce n’est pas une garantie de succès. Sinon, on pourrait prendre des sushis, de la fine cuisine française et une roulotte à patates et faire un nouveau concept de restaurant, non? Ça manque un peu d’identité…

La mentalité derrière le projet

Pour terminer, ajoutons à ça des hommes d’affaires qui ne sont là que pour l’argent, par opposition à faire un produit au goût des utilisateurs qui répond à un besoin, puis on obtient un projet où les fondateurs se disputent et foutent le bordel pour une histoire de gros sous. Pour la passion, on repassera.

Bref, au moins, il restera de Capazoo un excellent exemple de ce qu’il ne faut pas faire sur le Web. Servir de cas d’étude aux prochains qui seraient tentés de répéter l’expérience, c’est un bel héritage, non?

**
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Categorie: Articles - Réflexions, Web 2.0 3 comments »



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3 commentaires to “À retenir de l’aventure Capazoo”

  1. Stéphan Parrot says:
    19 Mar 2008 at 9:26 am

    Salut Steph,

    Personnellement, je n’y retournerai pas mais, si la compagnie est reprise par des gens compétents dans le web et qu’ils se dénichent une équipe technique aussi forte et synergique que celle que nous avions, ce projet a encore des chances de fonctionner. À la base, je crois que l’idée est bonne et que seule une restructuration faite par des gens sachant le faire risque de redonner vie à ce projet. De plus, ça leur permettrait de payer tout le monde qui se sont fait foutre à la porte sans avertissements jeudi dernier! Donc, t’as pas à t’inquiéter Steph, tu vas probalement pouvoir continuer d’en parler dans les mois qui s’en viennent! ( Je fais ici référence au commentaire que tu as laissé dans un autre blogue hier )

    Je te suggère l’article suivant: lapresseaffaires.cyberpre...3190820/5891/LAINFORMER01

  2. Olivier says:
    20 Mar 2008 at 7:49 pm

    Ils avaient une approche des communautés hors-ligne déjà établies assez sympa pourtant :

    Pendant le superbowl, je me souviens avoir inscrit mon nom chez pendant la soirée qui se donnait à l’universit, puis avoir reçu un mail le lendemain, disant qu’ils verseraient des prix au vert et or de Sherbrooke (l’institution sportive) . Si le site avait été bien fait, oui, j’y serai peut être resté. Mais là c’est clair que c’était laid, pas ergonomique, PAYANT et tellement useless!! (ouais! un widget météo! WOUAH!)

    Premier truc à faire selon moi : ouvrir l’API. Des ingénieurs qui demandent à faire joujou avec le code source, y’en a plein au Québec! et puis ça pourra jouer sur la compatibilité des autres profils (Facebook, Linkedin etc…) Un truc avec Twitter ça serait pas dégueu non plus…

    Fin bref, c’est clair que quand tu files 25M$ à des businessmen qui connaissent rien, ils ont vite besoin de plus pour assurer leurs plans…

  3. PhilG says:
    23 Mar 2008 at 10:14 am

    À lire :
    Commentaires sur l’article de TechCrunch sur la chute de Capazoo. Plusieurs ex-employés…

    techcrunch.com/2008/03/19...-heading-to-the-deadpool/


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