Bon nombre de visites, mauvaise conclusion
Je lisais un billet intéressant dans le blogue du directeur général de Tourisme Mauricie, André Nollet, à propos de leur virage Web 2.0. Bien que cette refonte semble avoir fait un grand bien à leurs activités Web, les résultats sont présentés seulement en fonction du nombre de visites.
Doubler, oui mais…
D’accord, le nombre de visites a doublé en 1 an. Personne n’ira se plaindre que ses visites doublent. Par contre, il faut faire attention avant de qualifier de succès un site qui double ses visites. Pourquoi? Simplement parce que si vous décuplez l’achalandage de votre magasin, mais que personne n’achète, à quoi ça sert?
L’effet bar pour ados
L’achalandage, le nombre de visites sur un site Web, est une chose. La conversion en est une autre. Ça me rappelle mon jeune temps où des illuminés ont ouvert des bars pour adolescents trop jeunes pour boire de l’alcool. Les bars étaient toujours pleins à craquer, mais le propriétaire n’arrivait pas à faire ses frais. En plus de ne pas boire d’alcool, ils ont bien peu d’argent à dépenser. Ça n’a pas duré, vous comprendrez…
Beaucoup d’achalandage + peu de conversion = bon à rien
Sur un site Web, c’est la même chose. Le visiteur est un client potentiel et s’il ne convertit pas, c’est bon à rien. Point.
Alors comment évaluer le succès?
C’est plutôt simple. Il suffit de savoir pourquoi le site à été conçu. Et ça, ça devrait être la première chose à faire avant de faire tout projet Web.
- Il est conçu pour vendre? Vend-t-il? Combien de paniers sont laissés à l’abandon?
- Il est conçu pour informer? Les brochures sont-elles téléchargées? Les vidéos vues?
- Il est conçu pour aider? Combien ont trouvé une réponse pertinente à leurs questions?
- etc…
En gros, on défini les objectifs, on trouve les données pour mesurer le rendement, on regroupe et structure puis on analyse. On adapte et on recommence. Fastoche! Un objectif n’a pas besoin d’être une vente. Ça peut être aussi banal que de regarder une vidéo.
Bref, j’aurais aimé en savoir plus sur leur succès. Ultimement, est-ce que le site Web a attiré des touristes? Des visites c’est bien. Des visites qui se transforment en clients, c’est mieux.
Categorie: Web analytique 13 comments »



Alléluia!
Si l’organisation, l’entreprise ou le site web lui-même est en phase de mousser sa notoriété et essaie d’asseoir sa crédibilité/son autorité, un nombre croissant de visite demeure un indicateur positif, non?
Mais je suis d’accord qu’on ne peut s’arrêter à ça et qu’il faut analyser les autres données, dont celles sur le contenu consulté, etc.
@Julie
À mon avis, si l’objectif est de faire connaître son site et donc d’augmenter le nombre de visites, tout à fait. Mais en ce qui a trait à la notoriété et son “autorité”, je crois qu’il faut faire attention à ne pas simplement “frustrer” davantage de gens – ce qui aurait pour effet de miner la crédibilité du site.
Je crois que c’est le concept bien connu du seau plein de trous qui s’applique ici : si on ne bouche pas les trous (améliorer la conversion) du seau et qu’on ajoute de l’eau (amener davantage de trafic), on va juste laisser s’échapper plus d’eau (davantage de visiteurs insatisfaits).
C’était justement mes paroles dans une conférence récente sur l’optimisation Web. En 2009, avec la refonte de mon site, j’ai augmenté de 300% mon chiffre d’affaires alors que l’achalandage du site a augmenté seulement de 18%.
Bon nombre de sites e-commerce cherchent maintenant à diminuer leur achalandage pour aller vers une clientèle plus ciblé acheteur.
Pour un ecommerce d’envergure un visiteur qui n’achète pas peut parfois avoir un cout non négligeable.
Bizarre comme l’histoire se répète. Oui Adrien, tu as raison, augmenter son achalandage ne sert pas à grand chose dans le cas de Tourisme Mauricie. En fait personne de nos jours ne peut survivre avec de la notoriété seulement, sauf peut être, nos gouvernements. Si le Fédéral dévoilait que, après une amélioration du site, le nombre de visiteurs pour le programme de crédits d’impôts à la rénovation a triplé, ils pourraient être content d’eux car, dans une certaine mesure leur devoir est que nous sachions ce qu’ils font de bon pour nous afin de pouvoir si cela s’applique à nous, en profiter. Mais dans un environnement où le «compte en banque» est l’ultime mesure…la notoriété ne dépose pas le moindre dollar à la banque. C’est l’ABC du direct c’est pourquoi j’ai commencé par «l’histoire se répète».Appliquez les principes du marketing direct à l’internet et vous ferez des $$$ à la tonne. Les vieux principes sont encore et toujours bons . Bonne journée
Tout à fait d’accord dur la focalisation nécessaire sur al conversation… mais attention à ne pas trop se restreidnre.
Une forte audience qui convertit peu cela peut quand même être source de création de nombreux prescripteurs !
Pour Guillaume plus particulièrement,
Guillaume soulève un très bon point:
Avant de trancher, il faut savoir quel est l’équilibre (le point mort) entre l’achalandage et le taux de convertion en fonction de l’offre, ou du message.
Si, pour le même coût de prospection j’ai 3 fois plus de visites et que je convertis avec un taux 2 fois moindre, je fais quand même «1,5 fois mieux». Même si le taux de convertion paraît «pas bon».Les profits se calculent non pas par unité mais par media et même par mille (CPM), c’est le moyen de trouver un dénominateur commun entre différents media et, si on a un budget limité de choisir les plus payants en premier.Bon weekend!
Yes
La conversion, c’est là que ça se joue.
Je complémenterais ton article avec ce bon vieu calcul mais tant utile :
Traffic * conversion rate * $ per customer * number of transactions = your paycheck
L’un des articles les plus populaires de notre blogue (http://blogue.90degres.ca) traitait de la très mauvaise (première) traduction en français de Facebook, qui est un très bon exemple d’échec de crowdsourcing. Considérant qu’on fait du web en général, qu’on approche le web par le contenu et qu’on traduit des millions de mots par année, à première vue ce trafic est très pertinent.
Sauf que… sauf que les gens arrivent sur cet article après avoir tapé “facebook français” dans les moteurs de recherche. Conclusion : ils cherchent quelque chose de très différent de nos services. Valeur pour nous = 0$.
Pour revenir à Tourisme Mauricie, il nous manque des données. Si je comprends bien, ils ont dépensé des dizaines et des dizaines de milliers de dollars de plus en salaire. Quel est le coûts d’acquisition : (nouveau salaire) / (nouvelle visite pertinente)?
Et voici une question qui fait grimper dans les rideaux tous certains évangélistes des médias sociaux: est-ce qu’ils auraient pu avoir un meilleur rendement avec Adwords?
Je dis “nouvelle visite pertinente”, parce qu’on voit dans leur saisie d’écran que le taux de rebond a… rebondi de 50%. En enlevant ces internautes qui ont rebondi, la croissance tombe à 50%. C’est bien, mais +50% n’est pas +100%.
Le nombre de pages par visite et le temps moyen passé ont aussi chuté.
Donc oui plus de visite, mais peut-être qu’une bonne partie de la croissance n’a aucune valeur.
@Étienne Bon point de vue ta comparaison avec AdWords. Les médias sociaux ne sont pas la solution à tout, mais un outil à utiliser pour le bon besoin. Pour bien des PME, je ne crois pas qu’une présence hyperactive sur les médias sociaux les servira très bien. Ça rejoint ce que je disais ici:
stephguerin.com/archives/...ux_moins_de_productivite/
Quand la conversion n’est pas au premier degré (une vente internet) et passe par un contact client comme un appel, une visite en magasin ou un courriel laissé…il faut s’assurer que le relais sera pris hors web.
Rien de pire qu’une expérience internet qui se dégrade lorsqu’on parle a quelqu’un qui n’est pas au fait de ce qui est dit ou promis sur internet…Beaucoup de campagnes en ligne sont gaspillés par une interface client déconnecté…
Comme vous le lirez sur mon texte publié dès le 30 janvier dernier sur cet enjeux (http://www.marketinghd.ca/blogue/?p=1069), je rejoins votre position..
La question fondamentale : si au lieu de prendre une approche 2.0, Tourisme Mauricie aurait adopté une approche mixte 2.0/médias traditionnels ciblés ou même uniquement médias traditionnels ciblés, je parie que les résultats auraient été meilleurs sur la qualité des internautes sur leur site Web. Même si le Web 2.0 amène une croissance de 67%, 70% ou 200%, une approche mixte pourrait très bien apporter une augmentation de 300% mais surtout des visiteurs mieux qualifiés. Faut se comparer et mesurer les impacts réels car sinon, ça ne démontre rien des %!
Et il faut voir quels sont les objectifs du site Web et de l’entreprise. Une Association touristique régionale représente ses membres, des centaines d’entreprises pour la plupart privées. Un tel site Web doit mener à des résultats concrets dans ces entreprises. Sinon, c’est du trafic pour du trafic.
Il est certain que pour beaucoup d’acteurs du tourisme, les médias sociaux sont incontournables mais je ne crois pas que c’est le « Saint Graal » de la performance marketing.
J’ai le même problème:
En payant du adwords j’arrive à avoir 100 visites par jour mais je n’ai fait que 3 ventes en 1 mois.
Mon budget en pub google me coute beaucoup plus cher que ma faible marge.
J’avais misé sur un taux de conversion de 1 % mais j’en suis trés loin.
Mon site a pourtant été largement amélioré ( http://www.MonCostumeSurMesure.com ) et je commence à être à court d’idées sur quoi ajouter dessus à part des articles de modes avec les bons mots clés pour ajouter du contenu à Mr Google .
Le Web 2.0 avec vidéos et commentaires à tout va aide t’il vraiment ?
J’ai mis les logos fb et twitter sur mon site mais je suppose que quand ils voient que seuls 8 personnes ont recommandé mon site je pense qu’ils fuient…