Colektivo : investissement 2.0
Published January 6th, 2009
Julien Niquet, le frère de l’autre, travaille depuis un bon moment sur un projet de plateforme collaborative de financement. Ça doit bien faire 1 an qu’il m’a questionné à ce sujet. Je trouvais l’idée intéressante et voici que le projet est avancé sans toutefois être lancé.
Le principe est simple : Une communauté d’épargnants financent des entreprises et récoltent les intérêts. Pour les épargnants, c’est une alternative moins gourmande en frais de gestion que les fonds de placements tout en aidant des entreprises d’ici. Pour les entreprises, c’est une possibilité de financement probablement plus simple que les banques et VC traditionnels. Le tout sans garantie de prêt. Ça, c’est un gros plus. C’est déjà difficile de se lancer en affaires, quand il faut mettre sa maison en garantie en plus, ça en décourage plusieurs.
Par contre, je me demande à quel point un tel système peut être utile pour les startups. Comme dans le financement traditionnel, c’est sûrement facile d’attirer les investisseurs quand on a un carnet de commandes garni et une stabilité financière. Mais les startups n’ont jamais ça. Les seules choses qu’ils ont, c’est leur rêve et leur volonté!
Ça prendrait peut-être une branche de ce système uniquement pour les startups. J’aime beaucoup ce que Y Combinator fait : saupoudrer de l’argent à gauche et à droite. Ils donnent peu. Des pinottes même : 25 000 ou 50 000$. Ce n’est rien à comparer des millions qui vont dans des startups des fois. Mais ce petit 25 000$ peut être le coup de main que ça prenait à un entrepreneur pour lancer sa shop et devenir le prochain Youtube. C’est ce qu’ils font. Comme Y Combinator ne sait pas qui sera le prochain Youtube, ils préfèrent donner un peu d’argent à beaucoup d’entreprises que de tout miser sur quelques pions.
Bref, Colektivo, une idée intéressante que je vais suivre attentivement. Puis quand le temps viendra, je vais militer pour un fond exclusif aux startups en pré-démarrage.


Cédric - 6 Jan 2009 #
L’idée semble simple. Je me suis inscrit à la lettre d’infos pour être tenu informé. Je serais prêt à y mettre quelques dollars.
Denis Canuel - 6 Jan 2009 #
Il y a environ un an, quelques amis et moi pensions un peu à ce que tu mentionnes (un espèce de Y combinator). On voulait aller dans une piste un peu différente et ce n’était pas très clair comment le modèle pouvait être payant au bout du compte.
Le rendement se fait sur le long terme et encore la, il n’y a pas souvent de jackpot (ca reste encore à voir au Québec!). Quelques “consultants” (charlatrans?) en startup existent mais ont des honoraires de fou que les startups ne peuvent s’offrir.
Donc je pense que s’il n’y en a pas, c’est pas parce que personne n’y a pensé, c’est surement car c’est pas évident.
Le modèle Colektivo semble bien mais je crois que c’est un modèle basé sur l’apport d’aide (ex: wikipedia, kiva) plutôt que de faire de l’argent (ex: google).
Peu importe, j’espère que ca va marcher, ca risque d’aider les jeunes finissants qui ont justement besoin que de quelques millers (voire centaines) de dollars car ils sont encore chez leurs parents
Julien Niquet - 6 Jan 2009 #
Merci d’en parler Stephane. Ton blogue a un bon lectorat au Québec et ça risque de nous aider à faire connaître le projet aux gens d’ici.
Je dois t’avouer que j’aime bien l’idée de financer des prédémarrages, mais le financement par emprunt est rarement la meilleure option pour ce stade de développement. Les entreprises en prédémarrage ne génèrent pas encore de revenus et n’ont donc habituellement pas les moyens de rembourser un prêt “immédiatement”. Je crois que les anges financiers sont mieux placés pour les financer (financement par actions).
Ceci étant dit, si la collectivité d’investisseurs le veut bien, Colektivo n’a aucun problème à accorder une période de grâce à ces jeunes entreprises emprunteuses. En effet, c’est à la collectivité de gérer le portefeuille de prêts (allocation des actifs du portefeuille, évaluations des taux d’intérêt et décisions finales de financement).
Le but c’est de contracter des prêts à tous types d’entreprises de tous stades de développement. Collectivement, les investisseurs sont assez intelligents pour savoir qu’il ne faut pas tout mettre ses oeufs dans le même panier. Il faut financer des entreprises en démarrage, des entreprises matures et d’autres en croissance… Des entreprises du Saguenay, de Québec, de Montréal et de l’Estrie…
J’aimerais clarifier l’aspect des garanties. Nous n’obligerons aucun emprunteur à fournir de garanties (caution personnelle ou actif(s) de l’entreprise), mais ils doivent comprendre que d’offrir une garantie peut diminuer considérablement le taux d’intérêt du prêt.
J’aime bien Y combinator aussi et nous n’excluons pas d’intervenir dans le financement par actions un jour. Pour le moment, nous nous concentrons sur le financement par emprunt, c’est là qu’il y a le plus de lacunes et notre modèle d’évaluation s’y prête mieux.
Luc Gendron - 6 Jan 2009 #
Concept stimulant qui mérite d’être mis en oeuvre.
Une idée: ça pourrait constituer un moyen de financement intéressant pour les OSBL voués à l’entrepreneuriat jeunesse (ACEE http://www.acee.qc.ca/ et SAJE http://www.sajemontreal.com/ par exemple) qui pourraient:
1- convaincre leurs partenaires de procurer une certaine base de financement;
2- permettre à leurs membres de profiter d’un financement dont le risque et l’attribution n’est pas limité au jugement d’une seule ou de quelques personnes; et
3- profiter eux-mêmes d’une partie des rendements générés pour le financement de leurs opérations.
Vous disposeriez ainsi d’investisseurs intéressés possédant déjà une masse critique de jeunes entrepreneurs.
Steph - 6 Jan 2009 #
@Denis C’est drôle que tu parles d’aide parce que la journée que je suis riche (accompli businessment parlant!) j’aimerais être un ange / coach / mentor / parrain pour des jeunes entrepreneurs. Il me manque de cheveux blancs (et de pognon), mais ça venir héhé
@Julien « mais ils doivent comprendre que d’offrir une garantie peut diminuer considérablement le taux d’intérêt du prêt. » Intéressant. Je n’avais pas vu ça de même. Ça a bien du bon sens.