Comment exploiter le web passif?
Published May 16th, 2007Le web passif, ce flot de visiteurs qui ne font rien d’autre que de cliquer un peu partout sans but, représente probablement 80% des internautes. Sinon plus. Ces visiteurs à qui on demande de voter, de noter, de participer, de commenter, de partager, mais qui ne font rien malgré qu’on place de beaux boutons ou de beaux incitatifs.
Sachant que la moitié du contenu sur la page d’accueil de Digg est controlé par une centaine de personnes, qu’en est-il des milliers d’autres utilisateurs? Ils votent rarement. Commentent encore moins. L’envie de soumettre ne dure pas assez longtemps pour qu’ils réalisent finalement cette tâche.
Digg n’est qu’un exemple. La plupart des sites dits « User Generated Content » vivent la même situation. Et ils sont chanceux car ils ont la masse critique qui permet au site de « rouler » tout seul. Plusieurs resteront dans l’ombre parce que cette masse n’est pas atteinte. Je doute fort que sur Wikipedia, qui est une très belle réussite, 80% des visiteurs aient déjà écrit ou modifié un article.
C’est un peu le paradoxe du web 2.0 qui fait la promotion du partage et de la collaboration, mais où la majorité des participants glandent dans leur coin en attendant que quelqu’un d’autre ne lui fournissent du contenu qu’il pourra juger intéressant ou non. Et par juger, je ne parle pas de voter, mais bien d’aller voir ailleurs tout simplement.
Donc mon questionnement est : Comment tirer profit de ces passifs? Quoi faire avec ces personnes qui veulent qu’on divertisse leur petit nombril, mais qui ne veulent pas bouger un iota pour participer? Autrement dit, quelle modèle de site Internet pourrait-on inventer qui ont les avantages des sites collaboratifs, mais qui utilisent les passifs? Collaboration et passivité sont difficiles à concilier… mais impossible?
Parenthèse : Je réfléchis tout haut alors si vous ne comprenez rien, ce n’est pas grave. Fin de la parenthèse.
Les contraintes :
- Coûts faibles. Le contenu ne doit pas être créé par des rédacteurs chèrement payés
- Collaboratif. Le contenu doit être organisé par les visiteurs, principalement les passifs.
Comme dans la vraie vie, nous nous entourons de gens avec qui nous avons des affinités soit au plan personnel ou professionnel. Ces liens se créent d’eux-mêmes. Du moins, c’est la perception que j’ai. Contrairement à, par exemple, LinkedIn où il faut créer son profil, envoyer des invitations, etc. C’est moins naturel que de créer des contacts dans un 5 à 7.
Bref, j’aimerais avoir vos idées. Le web collaboratif est-il parfait? Comment peut-il être amélioré? Quoi faire pour inciter le monde à participer? Comment être aussi efficace en dépendant moins de la participation de la communauté? Doit-on développer l’intelligence artificielle? La solution passe-t-elle par des applications 3D qui se rapprochent du monde réel comme Second Life? Est-il utopique d’espérer faire participer plus de 20% du monde?


Mathieu - 16 May 2007 #
Bonjour Stéphane!
Jakob Nielsen a tenté de répondre à ta question, voici sa réponse!
useit.com/alertbox/participation_inequality.html
Bonne journée!
Mathieu
Steph - 16 May 2007 #
How to Overcome Participation Inequality
« You can’t. »
Hé bien, ça dit tout!
Merci du lien!
Frédo - 16 May 2007 #
Contenu = info sur un domaine spécifique
moyen = lire l’info dans un “pop-up” amélioré (tri fait à partir des titres, ouverture avec un click, interface pop-up pour tout lire).
fermeture = obligatoire avec un point rouge (pas aimé) ou vert (aimé).
c’est bien à la fin de l’action que le visiteur décide si oui ou non cela l’a touché, interressé , … . donc tu demandes l’action par la fermeture. avec ça, tous les visiteurs participent.
Bon, je pense tout haut aussi, donc si vous comprenez rien, c’est pas grave non plus.
ChrisP - 16 May 2007 #
Je penses que c’est perdu d’avance.
L’utilisateur moyen veut seulement consommer. Faut lui rendre ça facile. Sinon il ne revient pas. Si on l’oblige à participer il fuit les lieux.
Faut maintenant se poser la question : Le web collaboratif répond-t-il à un besoin ou seulement à un trip web? C’est plaisant mais c’est chiant pour une majorité du moins 80%!
Ton exemple de Digg exprime très bien la situation : “une centaine d’utilisateurs participent au contenu”… Le besoin de l’utilisateur est avant tout s’informet et non de participer.
Je ne vois qu’une façon d’augmenter le % de participation et c’est de récompenser les utilisateurs participatifs… Comme Lafraise.com.
1- de l’argent pour les graphistes
2- des crédits sur de la marchandise pour ceux qui participent au choix des t-shirts.
Lanza - 16 May 2007 #
M’est avis que beaucoup des internautes sont actifs quelque part. Ceux qui ne sont pas sur Digg sont sur Wikipédia, ceux qui ne sont pas sur Wikipedia sont sur Ebay, ceux qui ne sont pas sur EBay sont modérateurs d’un forum…
Samuel Bouchard - 16 May 2007 #
Steph, c’est ton expérience avec Nuouz qui te fait réfléchir à ça?
Peut-être que pour parler de contribution des passifs, il faut ramener ‘contribution’ à un niveau plus abstrait. Les passifs ne sont pas si passifs
que ça: ils lisent et naviguent. Ton site TLMEB les utilise! Quand quelqu’un visite un site inscrit, il contribue +1 au nombre de visiteurs. C’est au moins ça.
Sur http://go.waka.ca, on pensait mettre un système pour que les visiteurs votent sur les maisons et ainsi faire ressortir celles que les gens aiment le
plus. On a vite conclu, comme toi sur TLMEB, que ça ne fonctionnerait pas très bien. On a plutôt opté pour l’affichage de statistiques des différentes annonces. Cette méthode a l’avantage d’être significative et que tout le monde y participe à mesure qu’ils naviguent, sans le moindre effort.
On peut aussi penser à des systèmes comme sur Amazon ou iTunes ‘ceux qui ont acheté ceci ont aussi acheté…’
Je pense même qu’il est possible de transformer les passifs en actifs en allant chercher leurs passions. Par exemple, les sites d’immobilier Zillow et
Trulia ont ajouté des questions & réponses sur des fiches de maison. Je suis pas mal certains que pleins d’agents immobiliers, habituellement passifs,
se sont transformés en actifs. Ils contribuent à ce site qui leur parle directement et qui risque de leur faire faire des bonnes affaires.
Steph - 16 May 2007 #
@samuel Ce n’est pas seulement Nuouz, mais tous les sites collaboratifs que je fréquente. Tu as raison pour TLMEB et c’est pour ça que je parle d’intelligence artificielle. Il y a peut-être moyen de tirer plus de connaissances des comportements des gens. Je continue d’y réfléchir!
Thierry - 17 May 2007 #
Beaucoup de gens ne font que “se servir” et c’est un peu la règle du jeu, ce qui fait qu’il y a autant de monde sur le Web. C’est pour ça que quand un site arrive à “attraper” un internaute (inscription puis contribution), ca représente une certaine valeur.
)
Pour utiliser ces internautes “passifs”, j’ai des clients qui “détournent” les statistiques de consultation de pages (visiteurs uniques etc) pour proposer des classements (de vente de produits par exemple) sur leurs sites. Car même si l’internaute ne contribue pas sur un site, on arrive à récupérer un maximum d’informations sur son comportement (n’est-ce pas Stéphane
Alex - 17 May 2007 #
Steph:
Je pense que dans un système d’intelligence artificielle on peut tirer bcp d’information du pattern de visites des gens. Temps passé sur la page, taux de rebond, taux de retour selon la page d’entrée, etc…
Un système intelligent pourrait et éventuellement devrait se servir de toutes ces stats afin de les considérer techniquement comme l’équivalent d’un vote. Exemple, un texte qui a un taux de rebond moins grand serait peut-être de meilleure qualité qu’un autre texte ou le taux de rebond est très grand??
Un texte qui génère un taux de retour plus important est meilleur qu’un texte qui ne génère pas de retours sur le site, etc…
alexis - 17 May 2007 #
C’est difficile de penser à la création de contenu sans que les gens aient à participer d’une manière ou d’une autre. Par contre comme je disais, en analysant les patterns des passifs, on peut développer de bonnes techniques afin de filtrer l’information et de créer desindices de qualité. C’est deja un début.. à Quand le digg-like sans votes…?
Alex - 18 May 2007 #
re moi…
Pour ceux que ça intéresse j’ai posté un billet sur mon blogue relié à ce sujet…
encoreungeek.com/determin...-grace-au-filtrage-passif
Au plasir!
JB - 20 May 2007 #
C’est dommage qu’il n’y est pas du tout de sugestion de solution dans ton billet.
Une chose simple est tout de même le nombre de lecture et classer de cette facon. Quel pourcentage lisent au-dela des titres.
JB
smartel - 22 May 2007 #
Tout est dans la masse critique. Qui est rejoint par un site collaboraitf X, Y, ou Z ? Et dans la qualité des passionnés qui sont rejoints.
Si 20% de 50 000 visiteurs uniques mensuels participent et collaborent au contenu d’un site, je considère que c’est un succès.
Pkoi ? On part avec 10 000 collaboateurs au total, par exemple (20% de 50 000). Si 10% des 10 000 collaborateurs, soit 1 000, sont très très collaborateurs, et 10% de ces 1000, donc 100, sont très très très très collaborateurs, ça fait un sapré équipe de rédaction ça mon cher!
Et j’y vais avec des chiffres de sites moyennement populaires. Faites le calcul avec les millions d’utilisateurs de Digg, Wikipedia, … Vous essaierez de vous monter une telle équipe de rédaction ensuite.
Alors qu’est-ce qui rend un site collaboratif parfait ? 100% de collaboration ? Ça n’arrivera jamais. Et ce n’est même pas le but visé. On rassemble ces passionnés afin qu’ils partagent leur passion avec le reste de la planète. Ils y a les auteurs et les lecteurs.
Ça prend des actifs pour attirer les passifs et des passifs pour motiver les actifs.
Quelle sagesse. :o)
Steph - 22 May 2007 #
Amen mon Sylvain, amen!
Michelle - 23 May 2007 #
D’accord avec smartel, 10% d’actifs semble réaliste, 20% un but à atteindre. Ce n’est pas nouveau. Active sur le web collaboratif depuis des lustres notamment comme éditeur de l’Open Directory Dmoz, j’ai constaté que ce pourcentage ne varie guère. Un peu comme dans la vraie vie, dans un association de bénévoles, combien sont réellement actifs et se mouillent vraiment?
Pour réveiller la foule des passifs, il faudrait qu’ils y trouvent un intérêt quelconque. Autour de moi, je vois beaucoup d’utilisateurs passifs, bien peu participent parce qu’ils n’en voient pas l’utilité tout simplement ou que leurs connaissances des bidules à la mode ne sont pas suffisantes pour qu’ils en saisissent les avantages.
Les dévelopeurs d’applications devraient observer le comportement des 90% de passifs, ça leur donnerait une idée de l’océan qu’il y a entre eux et les 10% des geeks qui intègrent les outils prévus pour eux. J’ai pondu un petit billet sur ce sujet : cmic.ch/2007/05/14/un-bon...site-web-20-incompatible/
rimbaudjet - 24 May 2007 #
Juste un exemple et j’ignore s’ils font leur frais et si ça fonctionne encore, mais le journal Voir offrait il y a longtemps un système de jetons qui permettait aux participants critique d’accumuler des jetons, de même que les lecteurs pour avoir droit à des billets de courtoisie pour des spectacles. Si on suit la logique énoncé par smartel, ne faudrais t’il pas récompenser ces 10% actifs qui font fonctionner leur site 2.0 ?? L’exemple de La Fraise est excellent. Payer les graphistes qui fournissent du matériel est un puissant stimulant. Il est évident qu’il y aura toujours des passifs, comme dans la vrai vie ! Mais au dela du nombre de collaborateur, c’est aussi la qualité de leur intervention qui est importante. Qu’est-ce que ça donne d’avoir un tas de commentaires, critiques, dessins, suggestions de restaurants si ceux qui les créés n’ont pas hum..”l’expertise “???