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Salut! Moi c'est Steph, un gars professionnellement libre. Plongé dans les interwebs depuis 1991, j'aime bien mettre une dose de business dans mon bol de projets Web. » En savoir plus.

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De bonnes idées, mais où sont les revenus?

Je regardais un billet de Louis Gray sur 50 startups qui valent la peine d’être surveillés. On y retrouve vraiment plein de bonnes idées. Mais peu de projets ont un modèle d’affaires digne de ce nom. Et trop sont 5 ans trop tard avec des trucs Web 2.0 « create stuff, share it and connect with friends».

Est-ce que ce sont des exemples à suivre? Est-ce que ces startups seront toujours en vie dans 5 ans? Peut-être que oui. Peut-être que non. Les plus chanceux se feront racheter par Google ou Yahoo!. Les meilleurs vivront par leur propres moyens avec des vrais revenus (vous savez, recevoir de l’argent en échange d’un bien ou d’un service).

Ce n’est pas le financement qui manque

Un p’tit tour rapide dans la Crunchbase et on voit que la plupart ont du financement qui se chiffre dans les millions. La plupart ont aussi une section carrières qui présentent les opportunités d’emploi. Je n’ai pas vérifié, mais la plupart doivent avoir de beaux locaux et de beaux avantages pour attirer les meilleurs talents. Le payroll doit peser lourd sur les finances.

Prenez BlockChalk. Ils ont reçu 1M$ en financement. Quelqu’un peut me dire à quoi ce truc sert réellement? Et Seesmic? 12 M$ en financement. Zéro revenus. Pire, la rentabilité n’est même pas une priorité. Et Hunch avec son 19 M$ de financement? Et Quora avec son 11M$? Je manque peut-être de vision, mais ça ne m’apparait pas des projets trop prometteurs.

Après l’éclatement de la bulle des années 2000, j’aurais cru que les entrepreneurs et les investisseurs auraient appris. C’est bien beau créer de beaux jouets, mais ça prend des revenus pour vivre.

Notre mission est de créer un truc que Google voudra bien acheter

La majorité n’a même pas de compte premium pour générer des revenus. Pire, plusieurs n’ont même pas de revenus de pub. Ce qui laisse croire que la stratégie est de bâtir une communauté assez grande pour pouvoir revendre à un plus gros. Si ça peut rapporter gros, vous conviendrez qu’il y a peu d’appelés et encore moins d’élus. Perso, je ne bâtirais pas mon avenir sur ce modèle…

Le rêve de la masse critique

Bien sûr, quand on a une communauté assez vaste et mature, on peut passer à une autre étape et penser à un modèle d’affaires. C’est le cas de Twitter qui teste actuellement des moyens de se rentabiliser. Le problème que j’ai avec ce modèle est que pour un Twitter, il y aura 1000 startups qui ne feront pas un rond et qui fermeront leurs portes faute de planification.

Bref, aucun doute que ces entrepreneurs croient à leur projet. Aucun doute que certains réussiront. Mais mon feeling est que dans 5 ans, 80% des startups de cette liste ne seront, tout au plus, qu’une page dans Wikipedia.

Qui veut manger dans mon resto 2.0 gratuit?

Je sais pas trop… Le monde des startups est bien en santé et les capitaux abondent. Internet est encore un terrain de jeu unique où il n’est pas obligatoire de penser aux revenus pour avoir du financement. Impossible dans le cas d’un restaurant ou d’une usine. Vous imaginez ouvrir un resto et penser aux revenus 2 ans plus tard? Pourtant, c’est la mentalité dans bien des startups Web…

**
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Categorie: Articles - Réflexions, startups 10 comments »



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10 commentaires to “De bonnes idées, mais où sont les revenus?”

  1. Martin says:
    29 Jun 2010 at 1:08 pm

    Salut Steph,

    Tu as raison, il y a beaucoup de compagnies qui ont reçu du financement, mais qu’on se demande c’est quoi leur modèle d’affaires (comme seesmic par exemple!).

    D’un autre coté, il y a des investisseurs qui ont passé leur tour sur google, facebook, twitter, etc., et pourtant, ce sont (du moins pour google et facebook) devenu de grandes entreprises qui valent et génère des milliards!

    Le modèle d’affaire des gens qui finance (VC) est d’avoir un ou deux mégas-succès sur 10 investissements. Ils s’attendent à avoir 3-4 flops et 3-4 qui ne génère rien et 1-2 qui génère énormément. C’est donc normal que la plupart du temps, on voie des flops ou des compagnies qui ne génèrent pas grand-chose (qu’on considère aussi des flops).

    Il n’y a personne qui est forcé à accepter du financement et ceux qui le font visent généralement très haut. Il vise des hauteurs qui sont difficilement atteignables sans financement. Des compagnies qui sont boostrappé qui valent plus que quelques millions, il y en a pas beaucoup si on compare a des compagnies qui valent plus que quelques millions qui ont été financés.

    Évidemment, ce n’est pas la plupart des entreprises qui ont besoin de financement, ce n’est pas non plus fait pour tout le monde puisqu’en acceptant de l’argent, on accepte aussi de partager le pouvoir de décision.

    C’est vrai que pour un Twitter, 1000 startups échoueront, comme il y a eu beaucoup de moteurs de recherches qui sont morts (altavista, lycos, etc.), mais qui se passerait de Google maintenant?

    Dans le cas de ton exemple de restaurants, tu vas parfois voir de la gratuité pour lancer un nouveau produit (café McDo par exemple). Mais si tu prends un restaurant (et non une grande chaine), le principe n’est pas le même. Tu ne peux pas offrir ta bouffe gratuite en espérant avoir une masse critique tellement importante que la valeur de ton restaurant sera dans les dizaines, voir mêmes centaine de millions de dollars. Alors qu’avec internet, c’est possible. C’est possible de ne pas viser la profitabilité à court/moyen terme pour espérer frapper un coup de circuit et d’avoir plusieurs millions de membres pour ensuite rentabiliser le tout.

    En regardant les compagnies qui sont financées, généralement ils visent le homerun au lieu d’un double et du même coup, leurs risques sont beaucoup plus grand et la majorité ne verront pas leur balle traverser la clôture, mais c’est un modèle viable quand même et qui a généré les plus grandes entreprises technos encore en vie!

    Tout est une question de choix :)

  2. Olivier Labbé says:
    29 Jun 2010 at 1:29 pm

    donc je suis off avec mon startup qui rapporte de l’argent ? AH..SHIT!

  3. Martin says:
    29 Jun 2010 at 1:33 pm

    @Olivier : Si c’est à moi que tu parles, ce n’est pas ça que j’ai dit, mais vraiment pas! Ce que je dis, c’est que dans les 2 cas (prendre du financement ou pas), c’est bien. Il s’agit simplement de le faire (ou ne pas le faire) pour les bonnes raisons!

    Une n’est pas meilleure que l’autre, c’est simplement différent avec des objectifs qui sont souvent différents.

    Voila!

  4. Steph says:
    29 Jun 2010 at 2:21 pm

    @Martin Excellent commentaire. Je comprends bien la game que les VC espèrent un très bon coup pour 7 flops et 2 coups corrects. Y Combinator se spécialisent dans le seed funding jjstement pour pouvoir semer le plus possible. C’est correct et c’est le genre de financement que je ferais si j’étais VC. Et oui, c’est plus facile de faire de l’argent avec de l’argent. Mais du financement, ça vient avec des responsabilités. C’est pas de l’argent gratuit comme ont nos chers artistes.

    Par contre, ce qui me gosse, c’est le manque de revenus. Il y a une différence entre faire de la promo avec du café gratuit et avoir une entreprise qui ne génère pas un rond. Seesmic et plusieurs autres sont dans ce modèle. On développe quelque chose, on espère créer une bonne communauté et on revend, qui est le but visé pour la plupart.

    Je sais aussi que le Web permet de tester des trucs sans les coûts du monde réel. Et c’est tant mieux! Mais un modèle d’affaires sensé devrait toujours faire parti d’un projet, ce que je peine à trouver quand je regarde la plupart des startups de cette liste.

    Mon best pick dans la liste est Square https://squareup.com/ Le pire? Seesmic.

  5. Martin says:
    29 Jun 2010 at 2:44 pm

    @Steph C’est claire que SquareUp c’est concret comme modèle d’affaires!! Pour Seesmic, je comprends pas trop non plus comme je disais, mais il doit avoir quelque chose qu’on sait pas. J’veux dire il peut pas uniquement penser qu’avec assez de membres ca va combler ses investisseurs qui ont investi $12M! Donc selon moi, il doit avoir certain truc qu’on est pas au courrant. Parce que si ma mémoire est bonne, il avait reçu du “seed funding” de quelques anges, donc si je me trompe pas, il aurait pu valider une certaine idée avant d’aller chercher le $12M!

    Bref, comme tu dis, probablement que dans 5 ans, la majorité de ces startups ne seront plus de se monde, mais c’est exactement ça la game du capital de RISQUE :)

  6. Jean-Francois Monfette says:
    29 Jun 2010 at 2:45 pm

    J’aime bien Hunch et sa façon de nous poser des questions pour cibler nos besoins et nous apporter les réponses les plus pertinentes. Je l’ai utilisé à quelques reprises et j’ai été très satisfait à chaque fois.

    Je crois que cette entreprise aura du succès et qu’elle sera fortement utilisée dans le futur pour aider les gens à prendre des décisions éclairées sur leurs achats, mais aussi sur plusieurs sujets comme la politique.

  7. Christian says:
    30 Jun 2010 at 7:43 am

    Il y a 15 ans, sur internet, une idée moyenne pouvait fonctionner assez facilement.

    Aujourd’hui, c’est différent. Développer des projets sur internet est devenu accessible à tous. Il y a des millions de web entrepreneurs qui rêvent de générer des fortunes avec une bonne idée et un site internet. Plus il y aura de surabondance d’idées et de projets sur le web, plus ce sera difficile de percer. C’est un peu comme l’industrie de la musique. C’est rendu que d’excellents « start-up » bands donne leur musique et les gens l’écoute même pas. Il y en a trop de musique, le monde savent pas où se garocher. Sur internet, il y a presqu’autant de sites internet que d’internautes.

    Je ne crois pas que pour réussir (réussir est un grand mot) sur le web, il faut être un génie. Mais je sais qu’il faut être prêt à travailler en débile, très longtemps, pour espérer faire de bons profits.

    Il n’y a rien comme internet. Ça change très rapidement et c’est de plus en plus accessible, donc de plus en plus compétitif. La plus part des entreprises les plus fortunés finissent par se faire manger par les nouveaux qui donnent tous gratuitement pour avoir de l’attention et te prendre tes clients.

    Et c’est comme ça dans la vraie vie non? J’ouvre un salon de bronzage et je fais de bons profits. Un an plus tard, deux autres salons ouvrent dans le même coin. Pour gagner des clients, ils offrent des abonnements à moindre coût et je suis obligé de baisser mes prix. Finalement, aucun des trois salons fait des profits. Tout le monde survit, jusqu’à ce qu’un quatrième salon ouvre ses portes.

    Moi, ce que je suggère (et ce que personne veut entendre), c’est de commencer par faire quelque chose que t’aime. Quelque chose qui te passionne. Que ce soit sur internet ou ailleurs. De cette façon, tu dors mieux le soir. Et si tu travail juste assez fort, l’argent va suivre.

    Christian

  8. Padapara says:
    1 Jul 2010 at 12:19 pm

    @Christian : Entièrement d’accord ! Si tu ne met pas de l’amour dans ce que tu fais tu abandonnera vite dans les moments difficiles quand l’argent a du mal à rentrer, par exemple au début. Je pense que la force d’Internet et de laisser la liberté à chacun de défendre ses passions, et si l’argent ne tombe pas comme prévu, il y a une satisfaction qui reste présente et que l’argent n’achètera jamais : l’impression d’avoir fais sa mission sur terre…

  9. PhilGo20 says:
    2 Jul 2010 at 10:08 am

    Je suis d’accord avec toi sur bien des points Stéphane, mais je serais prêt à mettre un peu d’argent sur la réussite de Hunch.

  10. Martin (un autre !) says:
    10 Jul 2010 at 9:32 pm

    Je reste moi aussi particulièrement dubitatif face à des entreprises qui ne reposent sur aucun modèle d’affaires. Ceci dit, mes propres ambitions professionnelles, en tant qu’entrepreneur web, sont beaucoup plus modestes et plus terre-à-terre que celles des entreprises citées qui misent sur… des facteurs qu’elles ne maîtrisent pas, comme la croissance, voire la création d’un nouveau marché.

    Pour ce qui est de la réponse de Martin plus haut, je vais tout de même la modérer. Je suis d’accord pour dire qu’on ne peut pas créer un restaurant en fournissant de la nourriture gratuite, puisque le fonds de commerce du restaurant est bel et bien la vente de nourriture. Cependant, on peut tout à fait imaginer que ce ne sont pas ceux qui mangent qui payent. D’ailleurs, c’est même assez commun lorsque des journalistes sont invités aux cérémonies de lancement d’un nouveau produit. Et n’est-ce pas le cas aussi des mariages ?

    Je regardais l’autre jour un reportage sur les compagnies aériennes à bas coûts, et Ryanair, une compagnie irlandaise, en particulier. Celle-ci fait payer les aéroports, les chambres de commerce locales (souvent, les aéroports sont opérés par les chambres de commerce et de l’industrie, en France), les offices de tourisme et autres institutionnels pour desservir certains aéroports plutôt que d’autres. Ainsi, le prix d’achat du billet par le voyageur n’est pas la seule source de revenus de l’entreprise qui fait par ailleurs payer l’ensemble des suppléments aux voyageurs, y compris la restauration à bord de l’avion. A l’avenir, la société envisagerait même de fournir des billets gratuits aux clients finaux, l’ensemble du voyage étant facturé à des tiers. Certes, cela suppose que ces tiers aient un intérêt à attirer des voyageurs qui ne payent pas le voyage, mais qui ont tout de même l’habitude de dépenser dans d’autres services ou produits.

    Un autre exemple, d’Amérique du Nord, celui-ci : je me suis laissé dire que le prix des restaurants intégrés aux hôtels-casinos était particulièrement intéressant à Las Vegas, les opérateurs souhaitant que leurs clients ne quittent jamais l’endroit où se trouve le casino où leurs clients réalisent l’essentiel de leurs dépenses. D’ailleurs, les plus gros joueurs se voient « récompensés » (ou plutôt alléchés, attirés) par des voyages et séjours gratuits…

    Bref, il n’y a pas que dans le web que la gratuité apparente existe. Cependant, c’est certainement dans le web qu’elle est le plus souvent pratiquée sans aucun modèle d’affaires, dans l’espoir, souvent vain, que la masse d’utilisateurs gratuits sera au rendez-vous et que cette « communauté » représentera un jour une certaine valeur, qu’elle soit directe ou indirecte.


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