Le succès, question de chance ou de talent?

On qualifie souvent de génie ceux qui connaissent de gros succès. Pensons aux gourous du Web 2.0 avec par exemple, Digg, Flickr ou Facebook par exemple. Mais quand ces « génies » lancent une 2e startup, combien ont autant de succès que leur expérience précédente? Peu.
Je pense à Pownce qui a été lancé par les types derrière Digg. Si Digg est un pillier du Web 2.0 et que ces concurrents ne sont que de pâles copies, Pownce, le supposé Twitter Killer n’a rien d’un succès. En fait, on dit même « It seems to me that Pownce is as good as dead. » dans un article comparant Twitter et Pownce.

Des exemples, il y en a d’autres. Jason Calacanis, le super visionnaire du Web qui a fait du pognon avec Weblogs inc vendu pour 30 M$. Depuis cette compagnie, il n’a rien fait de bon. Entre autres en voulant concurrencer Digg en payant les utilisateurs via Netscape.com. Sa dernière startup, Mahalo l’outil de recherche propulsé par des humains n’est pas en voie d’être un succès. Ils viennent de couper 1/3 du personnel d’ailleurs…
J’ai vécu ça de mon côté également. Après avoir possédé deux sites Web très populaires en 2000, je conviens que c’est difficile de répéter deux fois un tel exploit. Bien que mes projets fonctionnent à merveille, c’est l’explosion de popularité qui est difficile de recréer.
Et cette popularité soudaine est à mon avis, pour la plupart des succès, une question de bon timing. De la banale chance quoi. Oui, ça prend des idées, du talent pour les concrétiser et de la motivation pour tout réaliser, mais en bout de ligne, ce qui fait la différence, c’est la bonne place au bon moment. Lancé trop tôt, personne n’adopte par incompréhension. Lancé trop tard, personne n’adopte parce qu’il y a trop d’alternatives.
N’empêche, même si je crois beaucoup que le timing est essentiel dans un succès, je crois aussi que plus on lance de projets, plus on a de chance de frapper le bon timing. Il ne faut pas trop en lancer pour ne pas s’éparpiller, mais il faut en lancer assez pour optimiser ses chances de frapper le bon timing!
Bref, le succès en business, sur le Web en ce qui me concerne, c’est comme draguer une jolie nana au bar. Si on ne drague pas, c’est certain qu’on partira les mains vides. Sinon, plus on en drague, plus on a de chances de tirer le bon numéro. Non?
1 oz de chance. 1oz de talent. 1oz de volonté. Mélanger, frapper et servir avec une rondelle de lime pour obtenir un bon succès rafraichissant?
Categorie: Articles - Réflexions, Entrepreneurship 13 comments »



J’aime ton analogie avec les nanas au bar, ça me semble pas mal exact (malgré le fait que je m’y connais peu avec les nanas dans les bars
).
Comme tu dis, c’est pas facile toutefois de ne pas s’éparpiller… Et si quelqu’un ne tente rien, il ne lui arrivera rien…
Je suis plutôt d’accord avec cette analyse, il est vrai que les gars derrières certains gros succès n’ont pas forcément su réitérer l’exploit. Il faut effectivement du talent, des idées, des compétences, une qualité de visionnaire (pour voir au-delà de l’idée du projet), des moyens (techniques et financiers) mais aussi, comme tu le soulignes, être dans le bon timing, ce qui n’est pas chose facile.
C’est pareil dans la littérature et aussi au cinéma. Combien de types qui ont frappé un grand coup avec leur premier travail et puis qui rament ensuite à 10% de ce qu’ils ont fait à leur début.
Les succès instantanés, comme on en connait dans le web, sont souvent tirés d’un coup de dé.
D’autres industries permettent le calcul et la préparation d’un succès. Comme l’immobilier par exemple. Ou la construction. Moins de place à la chance, plus au travail, au sens des affaires, à la compréhension du contexte économique, …
Pas d’accord! (Désolé pour mon réflexe “jamais d’accord”, mais bon, ça fait partie de ma personnalité
).
Réussir à être deux fois de suite “numéro 1 mondial” n’est pas la vraie mesure sur succès. Du moins, pas pour la plupart des entrepreneurs.
Parce que pour la plupart des entrepreneurs, “oui j’ai un très bon ROI sans avoir torpillé ma vie” est un bien meilleur critère!
Prenons un exemple dont j’ai beaucoup entendu parlé. Imaginez le gars, étudiant en informatique à l’université, qui disait à sa blonde “je vais fonder une compagnie d’informatique”. Combien de loosers disent ça à leur blonde dans l’espoir de fonder le prochain Microsoft ou le prochain Google?
J’en ait beaucoup entendu parlé parce que la blonde qui s’est fait dire ça à l’époque est une de mes grandes amies. Je sais que le gars a travaillé dur. Il l’a fondé sa compagnie. Avec ses associés, il l’a développé: bureaux à Montréal à Paris, les choses roulaient… La vie a continué, il a fait un enfant, il a travaillé fort, il a changé de blonde, il a développé sa business… Rien d’exceptionnel, nous sommes des milliers dans sa situation.
Puis il a fini par vendre ses actions. Retraite! Principale activité jusqu’à la mort: la voile.
Sauf erreur, il avait 32 ans. Je ne sais pas pour vous, mais moi, à cet âge là, je n’étais vraiment pas rendu là!
Puis là, à 32 ans et demi, le gars s’ennuyait.
Il a donc fondé une autre entreprise : Hureca.
C’est une entreprise de ressources humaines qui offre un excellent service. (Et ça, c’est le point de vue d’un client très satisfait!
Hureca a maintenant des bureaux qui s’étalent de Toronto à Paris.
Je me rappelle très bien lui avoir déjà dit : “Ouais, pour la première compagnie, on pouvait toujours dire que tu avais eu de la chance en offrant le bon produit au bon moment avec le bon timing. Mais là, avec la deuxième compagnie dans un domaine complètement différent, on doit s’incliner : tu as du talent!”
Demander à quelqu’un d’être deux fois de suite “numéro 1 mondial”, c’est trop. Mais certains d’entre nous réussissent à être deux fois de suite un entrepreneur qui a atteint ses objectifs personnels.
Et c’est ça qui est le plus important selon moi.
Donc en réponse à cet article : oui le succès est une question de chance, mais c’est beaucoup beaucoup beaucoup une question de talent. Certains le prouvent en réussissant deux fois de suite!
@smartel En effet, c’est pour ça que je parlais du Web. D’ailleurs, dans les autres industries où il faut investir des vrais millions (en équipement, pas en programmeurs et en haute direction trop salariée!), savoir calculer est un prérequis pour ne pas se planter. Alors que dans le Web, lancer un projet coûte des pinottes…
@Etienne Ton ami est une vraie machine de business. On en retrouve pas à tous les coins de rues des gens de même! Tu me le présentes?
Mais sinon, je voulais dire que sur le Web, ceux qui ont du succès une fois, n’en ont pas aussi facilement la 2e fois. Du moins, pas pour la majorité.
Je crois que le défi est de reproduire le même niveau de passion qui a animé l’entrepreneur à l’origine. En passant, j’ajouterais 10 oz de persévérance, 7 oz d’audace et 5 oz d’erreurs à ta recette.
@Luc c’est plus un cocktail ça, c’est un bol de punch du temps des fêtes!
Pour te rejoindre, Steph, c’est clair il faut oser, on n’a rien sans rien!
@ steph: un autre exemple de succès qui se planifie et qui n’a rien d’instantané: ACN !
Tout repose sur la persévérence. Google ne s’est pas contruit en un jour.
Niklas Zennström est un exemple de succès a répétition. Et il a du talent. Il a réussis KaZaA, puis Skype et maintenant il est en train de faire un tour du chapeau avec Joost.
Mais le contraire est aussi bon. Par exemple Jim Balsillie qui ne réussi qu’avec le BlackBerry et n’arrivera jamais a devenir propriétaire d’une équipe de Hockey. Il est trop pissou! Pour lui, RIM, fut une question de chance et surement pas de talent.
Je remercie mon inspiration de m’avoir permis de glisser ici ce bref éditorial.
signé – Un Partisans de la Saint-Flanelle
@Etienne Denis
Vraisemblablement, la persévérance de ton pote de Hureca fait parti de ses talents. Je pense que c’est le talents numéro un de tous ceux qui réussissent.
Autant en affaire… qu’en amour, par exemple! Là je parle pour moi!
Tiens je suis en feu moi ce soir!
Je viens justement de visionner une vidéo de Gary Vaynerchuk. Voici un résumé en quelques points de certains sujets qui nous concernent :
- “The new barrier to building a brand is your time, not your pocketbook” – nobody can stop you from starting a global media brand from your house; all you need is time.
- “Telling main street about Twitter is a waste of time” – keep it quiet; knowledge of new web technologies is your competitive advantage.
- “Take Your Money” – go to Google, type in the keywords in your space. Look at the ads next to the results: these are people who pay to market in your niche. Call them. Convince them to spend those dollars on you instead.
- “Anything that gets eyeballs is monetizable” – 2500 unique visitors a day should be enough to live on.