Ne pas confondre hobby et business
Published August 17th, 2009
Pendant mes (trop courtes) vacances, j’ai pu jaser entreprenariat à gauche et à droite tout en observant des commerces dans les régions. Puis quelque fois, je vois des gens plein de bonne volonté confondre hobby, donc un loisir ou un passe-temps, avec un véritable business.
Par exemple, quelqu’un aime fabriquer de la crème glacée et le fait avec passion. Cette personne peut en retirer quelques centaines ou milliers de dollars de revenus comme ça, à temps perdu tout en conservant son emploi régulier. Lâcher cet emploi pour se lancer dans l’aventure de la crème glacée à temps plein est une tout autre affaire. This is no pic-nic comme on dit par chez nous.
Pourquoi transformer un hobby en business?
Pour vivre un rêve, se donner un défi, réaliser quelque chose de grand à nos yeux, pour être enfin son propre patron, etc. Toutes les raisons sont bonnes pour se lancer en affaires. Ou presque. Avec le côté émotif de la chose où l’on se sent rempli de frénésie, qu’on a les yeux pétillants face au voyage qui nous attend, ça prend un côté plus pragmatique, plus réfléchi, plus rationnel : Se lancer en affaires n’est pas une histoire d’amour à l’eau de rose qui finit toujours bien.
La réalité : Peu de chance de survie
Les statistiques au Québec nous disent que moins de 20% des entreprises créées cette année seront encore en activité dans 5 ans. Et une bonne partie ne passe pas la première année. Surtout les micro-entreprises de 5 personnes ou moins. Pourquoi? Le voyage en bateau a mal été planifié.
Le plan d’affaires
D’habitude, je ne suis pas un pro-plan d’affaires. Je trouve ça inutile dans le sens que l’on peut agir au lieu d’écrire. Mais pour bien des gens, c’est un exercice obligatoire. Principalement ceux n’ayant aucune expérience des affaires. Ça permet de réfléchir sur tous les aspects d’une entreprise : les revenus, la concurrence, le marché, etc. Ça permet de s’ouvrir les yeux et de voir si le bateau n’est pas en réalité un vieux radeau rafistolé plein de trous.
Les revenus
Dans les tous les cas, ou presque, des projets qui ne fonctionnent pas, ce n’est pas l’idée qui est en cause, c’est le modèle d’affaires. C’est à dire comment allons-nous générer les foutus revenus pour nous payer un salaire? Pas de modèle d’affaires, pas d’affaires. Point. C’est simple comme ça : S’il n’y a pas assez de revenus pour couvrir les dépenses, ça fait patate. Et s’il y en a, mais que ça ne génère pas de profits intéressants, ça ne sert à rien de quitter son emploi.
L’exemple de la crème glacée
Pour en revenir à ma p’tite dame qui fait de la crème glacée, d’un revenu d’appoint qui lui génère disons 15 000$ par année, elle devra changer de cap pour générer au moins 150 000$ pour couvrir tous ses frais, incluant un ou deux employés si elle ne veut pas travailler 25h / 24, 8 jours / 7. Multiplier ses revenus par 10 est plus facile à dire qu’à faire. Aussi bien être très bien préparé.
Bref, j’encourage tous ceux qui veulent se lancer à continuer d’explorer cette voie, mais de prendre son temps et ne pas surestimer ses capacités. Il faut être bien préparé et connaître ses limites. S’entourer de gens d’affaires est un facteur de succès également. Puis de mettre le focus sur les revenus parce que sans cash flow, il n’y a pas de business. Pour le reste, c’est la partie amusante. Être son propre patron, ça n’a pas de prix!


sarbour - 17 Aug 2009 #
J’aime bien ton image et ton exemple - tu es vraiment “concept” en cette journée de canicule… loll
Yves Carignan - 17 Aug 2009 #
Salut Steph,
Très intéressant comme billet car plusieurs passionnés se lancent en affaires et les affaires ont ce petit quelque chose que tu ne retrouves pas ailleurs; il te fait travailler les deux hémisphères de ton cerveau et tu dois te balancer là -dedans…
Les gens ont souvent un trip de se lancer mais ne savent pas gérer, d’où l’importance du plan d’affaires. Une des premières questions que je pose aux gens qui désirent se lancer dans l’aventure est la suivant: qui seront tes clients ? Par la suite “comment sont-ils servis présentement ?”, “Par qui?”, “Peux-tu faire mieux qu’eux avec ton offre de produits et/ou service?”
Ça donne une bonne indication du sérieux du projet!
Bonne semaine !
Julie - 17 Aug 2009 #
Sur le sujet, je suggère le livre Career renagade de Jonathan Fields qui parle de comment transformer un hobby ou une passion en business profitable et rentable. Ca peut sembler “pelleteur de nuage”, mais justement, il met l’accent sur le “profitable et rentable” et l’importance du modèle d’affaires. Ce livre ne donne pas de recettes toutes faites mais fourni de bonnes pistes de réflexions + initie à différentes façons de générer des revenus, notamment en ligne. Aussi, beaucoup d’exemples réels. (En anglais seulement).http://www.amazon.ca/Career-Renegade-Great-Living-Doing/dp/0767927419/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1250520230&sr=8-1
Gestionnaire Borg - 17 Aug 2009 #
Bonjour Stéphane,
Excellent billet, les points que tu soulèves sont très importants.
Par contre, la passion est une variable tellement importante dans l’équation que, selon moi, elle doit constituer les assises du projet.
Sans passion, aussi bien simplement agir en investisseur et laisser les passionnés faire évoluer l’entreprise.
Est-ce que je néglige les compétences de gestion? Bien au contraire…..
Mais pour un marathon, je préfère une passionné qui manque d’expérience de gestion et dont le projet reste à être travaillé qu’une MBA (auto-flagellation) qui n’a rien à cirer de la business en question.
Passion + éléments de ton billet = Fortes probabilités de succès.
Salutations,
Sylvain Lévesque - 17 Aug 2009 #
Salut Stéphane,
En ce moment même je suis à la réalisation de mon plan d’affaires et disons que ça me donne une petite tape dans le dos pour continuer. Mais avant, un peu de baignade
Excellent article !
Ciao !
André - 10 Nov 2009 #
Trop souvent, beaucoup de gens vont se lancer en affaires juste à l’idée de faire du fric. C’est déjà un pas vers la mauvaise direction. Je suis d’accord avec ce que vous dites. Passion, c’est le mot d’ordre pour être entrepreneur. Également, avoir beaucoup d’audace et de développer un certain flair de la bonne affaire sont des qualités fort appréciables.
Moi non plus, je ne suis pas un pro-plan d’affaires. Je trouve que c’est inutile si notre projet est dans la catégorie “risqué”. Si je peux me permettre de partager l’une de mes expériences antécédentes, j’ai déjà approché une banque pour démarrer une entreprise du secteur de détail. La représentante m’a dit qu’il fallait que je démarre mon entreprise avant pour survivre pendant plus de 6 mois pour ensuite faire application d’une carte de crédit commerciale avec une marge de $50′000. C’est vraiment rire de moi !