Percée du Web chez les dinosaures
Published September 3rd, 2008
Dans notre ère des technologies de l’information où n’importe qui sur la planète est connecté, joignable en un clic et où le commerce s’est radicalement transformé avec le Web, peut-on croire qu’il soit impossible de se faire livrer une bouteille de vin chez soi?
Et pourtant, dans bien des endroits, dont chez nous au Québec, il est difficile de pouvoir acheter du vin autrement que par des agences gouvernementales qui contrôlent tout. D’accord, la SAQ (Société des Alcools du Québec pour mes lecteurs européens) fait du bon boulot avec son réseau de distribution et son site Web est très bien fait (on entrera pas dans le débat des prix trop élevés ici, mais bon…), mais qu’elles sont mes options comme consommateur quand je veux me procurer un bon cru qui n’est pas distribué par la SAQ? Aller le chercher moi-même en France ou aux USA? Je ne suis pas très avancé avec un max de deux bouteilles aux douanes… Demander un permis peut-être?
Je viens de lire cet article (Wine 2.0) où j’apprends que la cour suprême aux Etats-Unis vient d’autoriser les vignobles à vendre en ligne, directement aux consommateurs partout au pays sans passer par un intermédiaire! Vous, je ne sais pas, mais moi ça sonne comme une nouvelle des années 30. Et pourtant, c’est un grand bon dans l’abolition des frontières dans le commerce grâce au Web.
Prenons l’exemple d’un petit vignoble qui n’a pas les moyens de se payer des tablettes dans les marchés (parce que oui, les meilleurs spots se paient…) et qui n’est pas suffisamment gros pour intéresser un distributeur, il lui reste quoi? Le tourisme local et la vente directe. Cette vente directe dans le vin est trop souvent un champ de mines avec ses règlements, contrôles, taxes, ententes (ou non) entre états et pays, etc.
Aujourd’hui, qui dit vente directe, dit vente en ligne. Avec le Web, c’est facile d’apporter son commerce chez le consommateur plutôt que l’inverse. Mais ça, vous et moi le savons et ça nous fait du sens. Ça n’a pas l’air aussi simple dans tous les domaines.
Pour moi, cette nouvelle ne change rien pour l’instant. Mais c’est un pas dans la bonne direction et peut-être qu’un jour je pourrai aussi acheter du vin d’un peu partout sur la planète et me le faire livrer sans aucun irritant. Comme si j’achetais un CD de musique ou un livre.
J’ai cherché rapidement si je pouvais acheter du vin sur le Web de chez moi :
Wine.com : Livraison seulement aux États-unis. Dans certains états seulement.
WineOnline.ca (Canada) : Livraison en Ontario et en Nouvelle Écosse. Merde…
WineryToHome (Canada) : On me dit « I am sorry, shipping is not yet available in your area »…
Majestic Wine : Aucune livraison en dehors de la Grande-Bretagne, mais je peux acheter et faire livrer là bas…
WineSelectors : Pas plus de chance. Je dois demeurer en Australie.
Bref, pas de vin sur le Web pour moi pour l’instant. Un jour peut-être, quand les dinosaures le voudront bien…


Luc Gendron - 3 Sep 2008 #
Je ne crois pas que la SAQ, ni le gouvernement d’ailleurs, souhaite changer les règles de jeu dans ce lucratif marché.
Pour le moment au Québec, pour ta propre consommation personnelle et, naturellement, si le vin ne figure pas la la liste de la SAQ, la seule option qui s’offre à toi et de compléter un formulaire(papier…) de la SAQ pour une importation privée. Tu dois d’abord d’entendre au préalable avec le vigneron chez qui tu veux commander. Tu dois payer la SAQ d’avance qui confirme la commande et s’occupe du transport; ce qui est un service à valeur ajoutée dans ce cas considérant leur expertise en la matière.
J’attends mes premières caisses commandées chez un cousin (un vrai Gendron) provenant de la région de Vouvray (près de Tour) d’ici Noël. Je pourrai davantage te partager mon expérience avec la SAQ et peut-être même te permettre de goûter à un “Gendron” un jour! J’ai bien hâte de recevoir ces “bulles” et ces “tranquilles” de luxe…
P.S. Merci pour la référence de l’article. Ça pourrait servir les intérêts de mon cousin…
Steph - 3 Sep 2008 #
On s’entend tu pour dire que tout ça est plus compliqué que de mettre 2-3 bouteilles dans son panier d’achat virtuel, passer à la caisse virtuelle et attendre le facteur? Oublie ça, seulement lire le processus est décourageant. Du moins, j’imagine qu’on ne fait pas tout ce bordel pour une commande de 2 bouteilles?
Jonathan Parent - 3 Sep 2008 #
À quand un site de la SAQ qui permettra aux utilisateurs de se faire un celier virtuel, de le partager sur Facebook, de pouvoir mettre une note d’appréciation sur un vin. De pouvoir tagger des caractéristiques “fruité, rugueux, sec, long en bouche… etc”. De pouvoir laisser une note sur un accord vin et met. Bref, de passer à un site qui serait vivant et qui serait probablement encore plus performant.
Désolé, moi le site de la SAQ je le trouve moche!
Guillaume - 4 Sep 2008 #
Steph,
ta liste de visn ne comporte pas de sites français, qui sont pourtant particulièrment bien placé.. je n’en cite pas pour pas faire de pub, mais bon…
Par ailleurs, j’ai un copain vinificateur, il veut bien vendre en direct par internet mais:
* quid de son réseau de distributeur actuel ?
* quid de la logistique (surtout que si tu perd tes distributeurs: c’est toi qui doit stocker) ?
* comment gérer quand on est petit les différences de législation, les droits de capsules, etc.. ?
Bref, c’est tout de même pas aussi simple de metre en place un tel business que de coder un site !
Steph - 4 Sep 2008 #
@Jonathan T’es quelques années en avance sur les gens de la SAQ à mon avis
@Guillaume J’ai cherché rapidement et c’est très non exhaustif comme liste! Mais est-ce que les sites de vins français livrent au Québec directement au consommateur? J’en doute…
Luc Gendron - 4 Sep 2008 #
C’est là où livrer des “bits” via Internet est beaucoup plus facile que de livrer des “atomes” devant franchir au moins une frontière. Cependant et comme je dis souvent, le plaisir est proportionnel au désir…
trouverunecirculaire.ca - 4 Sep 2008 #
Effectivement achetez son alcool en ligne serait bien amusant.
La SAQ fait une bonne JOB. Oups, suis-je un agent secret payer par une firme de relation publique. Non. Je qu’elle fait une très bonne JOB.
À la lecture des expérience de Stéphane , elle vend en ligne sur son territoire et les Québécois que nous sommes sont sensiblement pour l’instant soumis au même règles.
Le Web aide à l’éclatement des frontières à une génération global/webifier mais il reste et restera des héritages présent en dehors du WEB. Ici un exemple réglementaire.
Je pense que nous devrions être fier de cette distinctions de se rappeler des mérites de SAQ.
Je ne vais pas débatre içi de mérites de la SAQ. Les pro-privatisation vont rappliquer et parler de changer un monde qui va bien.
Je me pose juste une question. Un Ontarien ou un américains peut-il acheter sur SAQ.COM. Ceci changerais un peu mon jugement.
Steph - 4 Sep 2008 #
@TrouverUneCirc Je n’ai pas vérifié, mais je ne crois pas qu’un étranger puisse acheter à la SAQ. Du moins, je serais surpris.