Quelques réflexions sur les investisseurs, fusions ou acquisitions

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Ça fait déjà quelques personnes qui m’écrivent pour savoir ce que je pense de certains événements qui chamboulent la vie d’une entreprise à savoir un investissement (un investisseur qui prend une participation), une fusion ou une acquisition.

Ayant moi-même été appelé à réfléchir et vivre ce genre d’opportunité au cours de mon cheminement d’entrepreneur (fait 15 ans+, rien pour me rajeunir), je peux vous dire que ce n’est pas quelque chose que l’on doit prendre à la légère.

À première vue, c’est l’fun d’avoir ce type d’opportunité. On voit la montagne de fric devant nous et on se dit qu’enfin, nos efforts payent.

Mais!

Ce n’est pas le père Noël qui nous fait un cadeau. Ce sont des gens d’affaires qui veulent voir un retour sur leur investissement. Ça, ça veut dire que tu dois livrer du rendement.

A moins d’avoir un vieil oncle riche qui te donne du fric sans regarder ce que tu fais avec, la réalité est que jouer avec le fric des autres vient avec des responsabilités.

Tu étais bien dans tes patentes tout seul comme boss? C’est fini ce temps-là. Il y a des gens qui vont regarder par-dessus ton épaule et te demander régulièrement des comptes. Comme un pote m’a déjà dit : Ton investisseur devient ton plus gros client.

Un autre me donnait ce conseil : Retarder le plus possible le financement externe pour éviter d’être trop dilué. Ce qui te coûte 25% des parts cette année pourra peut-être t’en coûter que 10% l’année prochaine.

Que ce soit une fusion, un investissement ou une acquisition, le but est généralement d’amener la patente plus loin. Réaliser ce qu’on n’aurait pas pu faire tout seul. Je pense à DuProprio qui a entrepris une expansion canadienne depuis qu’ils se font fait racheter une bonne partie de leur entreprise. Ça leur donne les moyens de leurs ambitions.

Avant toute chose, il faut savoir où on s’en va. Si tu veux être le prochain Google, l’apport externe fait certainement parti de la recette. Mais si tu veux être une p’tite pizzeria de quartier, peut-être moins.

Même chose pour une fusion. Ça a du bon d’unir les forces de deux entreprises. Mais ça vient au coût d’une perte de contrôle. Si vous ne vous entendez pas sur la vision, ça ne fera pas des enfants forts.

Encore pire pour une acquisition. Si tu vends ton entreprise, tu passes du statut d’entrepreneur à employé, du moins généralement pour un certain temps. Perso, la première fois je n’avais pas réalisé que les bénéfices futurs de « mon » entreprise allaient aller dans les poches de quelqu’un d’autre. Sans parler que si le boss décide d’aller là, tu vas là.

T’es pas content? T’es plus le patron et t’es plus chez vous,  fais toi à l’idée! Ça me fait penser au pote Émile qui a vendu son populaire site Fanatique.ca pour finalement le voir fermé par un autre acquéreur sans pouvoir faire quoi que ce soit.

J’en connais qui se spécialisent à toujours faire une tarte plus grosse à coups de fusions ou acquisitions. La pointe de tarte est plus petite en proportion, mais la tarte toujours plus grosse. Faut être à l’aise à dealer avec plusieurs grosses têtes pour réussir dans cette avenue.

Définitivement pas mon talent #1.

Avant je bâtissais pour vendre alors j’étais plus enclin à accepter un gain à court terme. Là, j’ai dans l’idée que c’est ma dernière compagnie (je suis vieux et c’est un sport de jeunes ça, démarrer une entreprise!) alors je fais plus attention à ce qui l’impacte à long terme.

Ça doit être l’expérience.

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