Vendre une startup
Il y a de ces recherches qui mènent à des visites sur mon blogue qui m’étonnent. Cette semaine, plusieurs visites font suite à une recherche sur « vendre une startup ». Non seulement ça m’étonne qu’on recherche ça, mais ça m’inspire pour écrire.
Tout d’abord, qui veut vendre une startup? Celui qui essaie de monter un projet et le revendre au plus vite? Celui qui ne voit aucun avenir dans son projet? Celui qui sait pertinemment que les possibilités de revenus sont faibles? Celui qui comprend que son site se fera copier en quelques jours?
En d’autres mots, vendre une startup est un modèle d’affaires courant sur le web. On essaie de créer un buzz autour d’un site quelconque pour espérer intéresser un richissime acheteur. Le point commun de ces sites est le potentiel de croissance et de revenus. Ces sites n’ont pas de croissance ou de revenus, mais ils ont le potentiel!
J’ai le potentiel de devenir astronaute. Est-ce que je le serai un jour? J’en doute. Mais j’ai le potentiel. Je suis en santé, je réussi bien à l’école, etc, etc. Aucune raison de croire que je n’ai pas le potentiel, non?
De toute façon, pourquoi vendre une startup à part qu’on n’y croit pas? Si notre projet d’entreprise était fiable, on investirait temps et argent dedans, non? On ne le cèderait pas au premier venu? On essaierait de créer de la valeur pour le revendre un prix de fou dans 5-10-15 ans?
Copernic et Deepmetrix sont de beaux modèles d’entreprises. Ils ont pris le temps de naître et de grandir. Quelques années plus tard, elles ont été rachetées. Ces entreprises n’avaient pas que du potentiel, mais elles avaient des résultats, des revenus, des profits, des clients… Bref, elles ont créé de la valeur pour leurs propriétaires et ils s’en sont mis plein les poches.
Mon opinion est donc la suivante : Moins de 1% des chanceux réussissent à vendre une startup et faire un profit. Il faut trouver l’idée de génie avant tout le monde et créer un énorme buzz en peu de temps. Facile à dire, très difficile à réaliser…
D’un autre côté, si l’on crée une entreprise non dans le but de la vendre, mais dans le but de créer de la valeur alors je pense que c’est le chemin du succès. On crée une entreprise pour changer le monde, parce qu’on a une vision et qu’on veut réaliser quelque chose à long terme.
Être racheté en doit pas être un but. C’est souvent rien d’autre qu’une étape dans l’évolution d’une entreprise.
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De toute manière, la meilleure façon de vendre une entreprise, c’est de lui donner une véritable valeur, basée sur des données fondamentales: ventes, propriété intellectuelle ou clients.
Par contre, il y a d’autres raisons de créer une entreprise que l’on sait qu’on va devoir vendre un jour ou l’autre:
* Les entrepreneurs sont de bons concepteurs, mais de mauvais opérateurs;
* Le produit/service est difficile à mettre à l’échelle pour les besoins de gros clients potentiels et demande un apport d’expertise ou d’argent important (et le financement n’est pas toujours une option).
Ça ne veut pas dire qu’il faut bâtir pour vendre, mais seulement être conscient que, comme tu le dis, ce sera probablement un passage obligé ou jour ou l’autre!
Très pertinent comme commentaire.
En effet, le truc du mauvais opérateur c’est moi ça. Je suis plus un gars d’idée que de croissance. Avoir 40 employés, j’engagerais un DG qui s’occuperait des opérations.
Mais quand même, je démarre des projets par plaisir et passion plutôt que d’espérer me faire racheter à court terme.
Ça ne fait pas très sérieux dans un plan d’affaires : « Modèle de revenus : Se faire racheter le plus tôt possible ».
« Modèle de revenus : Se faire racheter le plus tôt possible » Peut-être que de votre côté de l’Antlantique ça peut encore passer mais en Europe c’est le genre de modèle économique qui fera bien rigoler les éventuels investisseurs.
Je te confirme que ce ne sera pas très pris au sérieux ici aussi. Aux USA par contre, ça semble quand même attirer des investisseurs…
Créer une entreprise pour la vendre au plus vite, pourquoi pas, mais cela dépend ce que l’on y investit. Et quand on commence à y investir quelque chose de moins impersonnel que de l’argent (de l’envie, de l’impatience, etc…) la recherche est toute autre. Et,très franchement, c’est très dur de limiter l’investissment à une dimension purement financière, encore plus dur que de se faire racheter
Justement… investir juste de l’argent, mais pas son coeur et ses cou*** je ne suis pas sûr que ça mène à de quoi. C’est la passion qui entraine souvent l’entreprise. Le goût de changer le monde quoi!
Merci Steph!!! Aux armes citoyens! Formez vos bataillons! Parce que c’est sûr qu’y faut pas vendre la peau de l’ours alors qu’il est encore dedans!