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J’avais déjà parlé que le grand patron du Wall Street Journal, M. Murdoch, pensait rendre son journal en ligne totalement gratuit. Il semblerait que ça ne se produira pas.
Pourquoi?
Premièrement, parce que le WSJ a une audience de niche dont les annonceurs sont prêts à payer plus cher pour rejoindre. Rendre le contenu gratuit se traduirait bien sûr par un nombre plus élevé de visiteurs, mais aussi par une dilution de leur cible :Â

Deuxièmement, pour rattraper la perte de revenus des abonnements, il faudrait que le WSJ génèrent 12 fois plus de trafic. Doubler est déjà difficile, je n’imagine pas décupler! On est loin des premières prévisions qui disaient que les revenus allaient tripler.

Ce que ça veut dire tout ça?
Et bien, je trouve ça très intéressant que les modèles payants fonctionnent, même dans un secteur très concurrentiel comme le contenu financier où Yahoo! et Google nous en offrent gratuitement. Ils misent sur la valeur ajoutée qui découle du profil de leur lectorat.
Autrement dit, les abonnements payants permettent de regrouper un profil très recherché par les annonceurs que seul le WSJ peut offrir. Enlever l’abonnement payant revient à perdre cette niche.
Alors, y a-t-il un avenir pour le Web payant? Je crois que oui. Personnellement, je crois beaucoup aux niches, au contenu, aux services et autre valeur ajoutée payants. Ce n’est évidemment pas le chemin du grand public, mais bon, je préfère 100 utilisateurs payants que 1 000 qui ne rapportent pas une cenne.
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Je suis moi-même sur une niche. Je suis complètement de votre avis.
Alleluia… Une analyse factuelle pour démontrer que les “eyeballs” ne sont pas la réponse à tout!!! Évidemment différent problèmes suggèrent différentes solutions mais c’est quand même intéressant de pouvoir finalement dire que les “eyeballs” en soit n’est pas un modèle d’affaires.
@Patricia : Je ne suis pas certain de comprendre l’expression modèle d’affaire “Eyeballs” Peux-tu expliquer svp?
Merci!
@ Chris: Beaucoup d’individus qui travaillent dans les start-up techno ont de la difficultés à expliquer comment leur entreprise fera de l’argent un jour. Souvent, dans ce cas là , ils mettent l’accent sur le fait qu’ils vont bâtir une communauté d’usagers non-payant et qu’un jour un acheteur voudra payer pour acheter leur base de clients (eyeballs). L’espoir est généralement qu’il sera possible de pousser de la pub à ces usagers et de convertir les pages vues en $. Sauf, que c’est une stratégie bien mince. Est-ce que ça fait un minimum de sens?
Ça fait effectivement beaucoup de sens! Merci de l’explication!
eh… j’avoue que je ne savais pas ce que voulait dire le terme eyeballs!
Moi non plus
Oups… J’ai trop souvent travaillé avec des anglophones je crois… Je peux encore entendre: “All that matters is that we have eyeballs” :s Question de pas avoir l’air trop bizarre, voici un exemple ou c’est utilisé http://www.news.com/8301-10784_3-9833474-7.html.
ok… Dans le sens de (traduction boîteuse) on ne fait pas une cenne, mais il y a plein d’yeux braqués sur nous?
lol. Exactement! Excellent traducteur
C’est de valeur qu’on puisse pas payer une maison avec des paires d’yeux
Il y a bien certains investisseurs en capital de risque qui te prêterait beaucoup de $$$ pour des yeux surtout avec la simili-bulle 2.0
Le problème, c’est que je ne suis pas assez taré pour emprunter et risquer mon pognon pour des paires d’yeux. Mais s’ils sont prêts à risquer leur fric pour des yeux, je suis prêt à les aider
Pourtant, il y a des millions d’annonceurs qui paient des gros sous pour :
1 - Parler à ces gros yeux.
2 - Connaître les gens derrières ces gros yeux
3 - Savoir où et comment parler à ces gros yeux.
Lancer une entreprise en ayant aucune idée des moyens de rentabiliser son traffic est certainement taré comme tu dis Steph, mais ne pas être assez créatif pour faire du pognon lorsque l’on a un auditoire considérable est à mon avis encore pire
Pour ce qui est du Wall Street Journal, il jouit d’une notoriété, d’un historique et d’une réputation exceptionnelle qui lui permettent d’offrir un contenu payant.
Le tableau que tu utilises pour appuyer ton argumentaire vient de Spencer Wang, analyste chez Bear Stearns et est nulle à mon avis pour les raisons suivantes :
1 - Elle prévoie 1.5 publicité par page. Le WSG pourrait facilement mettre 2, voir 3 publicités par page.
2 - Elle prévoie un CPM de 6$, un montant ridiculement bas, surtout si l’on prend en considération le public cible du WSJ.
3 - Elle ne prend pas en considération les nouveaux abonnements au WSJ papier qui seraient générés par le nouveau trafic.
4 - Elle ne prend pas en considération les bénéfices à long terme de publiciser des millions d’articles sur les engins de recherche et dans la blogosphère. L’augmentation de 1200% du trafic me semble très réalisable à moyen terme.
5 - Elle ne prend pas en considération les dommages qui seront causés à long terme à la marque. Le lectorat se déplace de plus en plus en ligne et la compétition prendra de plus en plus de place. Aujourd’hui, tout le monde connaît le Wall Street Journal. Dans 25 ans, qui sait?
@Seb Intéressant ton commentaire. J’avoue que celui qui a un max de trafic et qui n’est pas capable de rentabiliser à un plus gros problème que celui qui n’a pas de trafic. Surtout en raison des coûts. Mais regarde Facebook, ça génère pas des tonnes de revenus malgré le trafic.
Sinon, pour le reste, ça fait du sens, mais je me dis que s’ils ont pris cette décision, c’est fort probablement très bien réfléchis ( online.wsj.com/public/art...SB120119406286813757.html ). Et ce ne sont pas des amateurs de la finance. Alors, est-ce qu’ils se trompent et reviendront avec un contenu gratuit dans quelques mois? Peut-être, mais j’en doute. Changer d’idée régulièrement, c’est mauvais pour la confiance des actionnaires…