Capazoo ou comment faire un max de fric en vendant du vent

Capazoo. Je les pensais incompétents. Maintenant, je les crois incompétents et malhonnêtes. Le journal La Presse a publié quelques articles en fin de semaine à propos de Capazoo, cette fameuse startup québécoises aux poches pleines sensées faire pâlir les Facebook et MySpace de ce monde. Sans parler du fait qu’il rend ses utilisateurs (qui paient) riches grâce aux zoops.

Les articles en question (les titres en disent long)

Capazoo: les frères Verville empochent 1,2 M$ par an
Capazoo au coeur d’une chicane de famille sur le Web
Capazoo: un site pour se faire des amis Internet
Paul Delage Roberge défend Capazoo

Quelques extraits que j’ai retenu :

« Au cours de l’exercice terminé le 31 mars 2007, Luc Verville a empoché 656 378$, tandis que son frère a obtenu 519 067$, pour un total de 1,18 millions.  »

« Michel Verville a été reconnu coupable de fraude au criminel en 1997 alors qu’il était entrepreneur en construction à Québec, a appris La Presse Affaires. Il s’est vu imposer une peine d’un an avec sursis, ce qui lui a valu 240 heures de travaux communautaires »

« Paul Roberge dit ne pas être au courant des affaires passées de Luc Verville, qui a fait une faillite personnelle à deux reprises et dont l’entreprise Hastings Aviation a fait perdre plus de 23 millions aux créanciers et investisseurs, en 2001. »

« Depuis, la PME a fait l’objet de cinq poursuites, dont quatre sont encore pendantes. Les poursuivants, qui ont travaillé pour monter le site internet, réclament de 14 500$ à 89 730$. »

« Mais les choses s’enveniment avec la nomination chez Capazoo de deux dirigeants expérimentés dans le secteur de la pornographie sur l’internet. »

« (Raymond Chabot Grant Thornton, les vérificateurs comptables) Notre examen indique certaines déficiences dans le système de contrôle interne. Nous avons donc été incapables d’établir avec satisfaction, par les mesures normales de vérification, que toutes les dépenses ont été justifiées »

« De son côté, la somme récoltée par Michel Verville est constituée de salaires et d’avances qui ne comportent ni intérêts ni modalités de remboursement. »

Il y aurait de quoi écrire un mémoire de maîtrise sur le sujet. Comme je manque de temps, je vais m’en tenir à l’aspect rémunération.

Les faits :

– Fond des investisseurs en 2007 : 5.9 M$
– Rémunération de Luc Verville : 656 378$
– Rémunération de Michel Verville : 519 067$
– Rémunération totale pour les deux 1.18 M$, soit 20% des fonds des investisseurs
– Revenus en 2007? 0. Zero. Niet. Rien. Que dalle. Nada. Nothing.
– Perte déclarée en 2007? 4,4 millions.
– Se promener en Ferrari quand on est à la tête d’une entreprise déficitaire? Priceless.

D’accord, les investisseurs semblaient être au courant des « règles du jeu » comme ils le disent. Par contre, empocher un salaire de 220 000$ ET une commission de 10% (436 378$) sur les fonds recueillis auprès des investisseurs? Connaissez-vous beaucoup de startups qui ne fond aucun revenu qui versent autant de fric à un dirigeant?

En clair, ça ne sent pas très bon tout ça.

– Des employés, fournisseurs et partenaires impayés
– des dirigeants qui se la coule douce avec le fric des investisseurs
– des investisseurs qui mettent de l’argent n’importe où parce qu’un beau parleur leur a vendu du vent
– un produit qui a récolté 1% de sa cible (10 000 membres versus l’objectif de 1 000 000)
– Une montagne de fric flambée

Et pour terminer, la chicane est pognée dans la cabane. Les deux frères veulent s’entretuer et se chamaillent pour la direction de l’entreprise. Ha, si j’étais langue sale je dirais que finir une escroquerie par une chicane, c’est une belle porte de sortie. Capazoo n’a pas marché et vous avez perdu tout votre fric (que j’ai joyeusement flambé). Mais, c’est à cause de mon frère!

Bref, le Québec sur la map mondiale des startups Web, ce n’est pas pour demain…

» Complément de lecture sur Montreal Tech Watch et sur Christian Pouliot

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