Ces bureaucrates qui emmerdent les entrepreneurs

Il y a de ces enveloppes qui disent tout avant même de les avoir ouvertes. Par exemple, celle qui porte la mention « Office Québécois de la Langue Française – Division des plaintes ».

Ho boy. On sait d’instinct que ça ne peut être une bonne nouvelle. Qu’on n’a pas gagné de iPad, mais plutôt qu’on devra (encore) perdre temps et énergie avec notre chère bureaucratie.

Dans les faits, ce qui m’est reproché est d’avoir mis le site de ma compagnie uniquement en anglais. Ça ne respecte pas la loi, j’en conviens. Mais je ne demande pas un passe-droit éternel, seulement un peu de gros bon sens.

Gros bon sens?

Oui. Mettre le site uniquement en anglais est une décision d’affaires. Pourquoi? Parce que notre marché est mondial, parce que 98% des clients sont à l’extérieur du Québec et surtout, qu’à ce stade-ci, supporter deux langues est compliqué pour une entreprise en démarrage comme la nôtre. Auto-financée en plus.

Est-ce qu’on crache sur le français? Mais pas du tout! Ça fait partie des plans. Tout comme traduire le site en italien, allemand, portugais, russe, suédois, espagnol, etc. Parce que, je le rappelle, notre marché est mondial.

Un problème généralement montréalais

Je n’ai rien contre la loi et même que je suis globalement d’accord. Par contre, les problèmes sont typiquement à Montréal et non à Québec où 98% des gens parlent français. De mémoire, je ne connais pas de commerces qui s’affichent uniquement en anglais ou qui ne peuvent nous servir en français ici.

Et ça dérange qui si une compagnie underground qui n’a pas de façade sur la rue fasse des affaires uniquement en anglais? Et ironiquement, mes rares clients québécois optent pour le service en anglais, parce qu’eux aussi traitent avec des clients en anglais.

Une entreprise de 50 employés, établie depuis 10 ans qui ne respecte pas la loi, c’est un peu baveux. Une startup qui a déjà assez de défis à relever pour survivre sans avoir besoin de bureaucrates pour l’emmerder, on pourrait lui donner un p’tit break, non? Un an au moins?

Pire, on ne peut pas fermer le site aux Québécois comme solution. Du moment qu’on a une chaise au Québec, on doit être en français, peu importe le type de commerce que l’on fait.

Il faut s’ouvrir un peu l’esprit. Il y a un monde à l’extérieur du Québec et ça adonne que pour percer, il faut parler en anglais. J’aimerais bien que ça se fasse en français, mais ce n’est pas moi qui choisis.

Bref, on essaie de tirer le plus des ressources limitées que nous avons. On aimerait avoir une équipe comme celle de Google, mais ce n’est pas le cas. Et tant qu’à moi, investir et maintenir un site en français qui ne génère pas de ventes, j’appelle ça une mauvaise décision. Mais bon, après tout, le gouvernement sait ce qui est bon pour nous.

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