Et si les gros se mettaient ensemble pour du contenu payant?

J’ai eu une brève discussion avec le collègue Thierry sur les contenus payants. Il était question d’un groupe au Royaume Uni et de Libération qui allaient rendre tout leur contenu payant. Je me suis dis « hé ben, c’est peut-être ça le truc ».

En effet, si un gros comme le Wall Street Journal rend l’accès à son contenu payant, il doit miser sur sa notoriété pour gagner le pari. Surtout face à la concurrence gratuite. Mais si une majorité des gros médias se regroupent pour passer du modèle gratuit au modèle payant alors là, c’est plus simple, non?

Pourquoi payer pour du contenu?

En fait, la question devrait être « pourquoi ne paie-t-on plus pour le contenu? » puisqu’on a toujours payé pour le contenu écrit. Ou presque. Internet a rendu le gratuit omniprésent. Si c’est une bonne chose pour certaine affaires, ça l’est moins pour d’autre. Comme pour le contenu de qualité qui demande temps et ressources. Une enquête journalistique par exemple. Le contenu de qualité a une valeur. Est-ce que ça vaut plus qu’une campagne de pub vendu au CPM? Sans aucun doute.

Le pari

Si, et je dis bien si, des gros se regroupaient pour donner un coup de barre au contenu gratuit afin de le rendre payant, ça voudrait dire beaucoup de revenus stables et récurrents. Du même coup, le contenu est obligé d’avoir un niveau de qualité qui ne peut être égalé par des amateurs sans moyen. Parce que, bien sûr, personne ne va payer pour du contenu que l’on retrouve sur le blogue de Joe Bine. Se forcer à l’excellence et demander du pognon en retour, c’est justifié, non?

Bref, perso je suis entièrement d’accord avec le contenu payant. Je pense que tout effort vaut une rémunération. Le contenu amateur c’est bien, mais du contenu poussé, recherché, raffiné c’est mieux. Pour le reste, les forces du marché décideront si du contenu payant a sa place ou non.

Qu’en pensez-vous? La contenu payant peut-il percer si les gros forcent la tendance?

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  • http://www.hooba.ca/ Antoine Leclair

    Du contenu de qualité gratuit versus du contenu de grande qualité payant. Il faudra trouver l’équilibre “bas prix / nombre d’abonnés”.

    Je crois que pour fonctionner, il faudra charger un prix beaucoup plus petit que ce qui est chargé pour recevoir des médias imprimés.

    Par contre, le marché est beaucoup plus grand: New York Times aurait probablement des abonnées à la grandeur de la planète.

  • http://www.redactionmultimedia.com Dorianne Deshaies

    Pas sûre d’avoir bien compris la comparaison avec le campagne de pub vendue au CPM…
    Une campagne bien pensée, bien montée et bien diffusée peut aussi valoir son pesant d’or et impliquer un coût de développement important (stratège, concepteur, designer, etc.)
    ??

  • http://stephguerin.com Steph

    @Dorianne En effet, ce n’est pas clair (mais dans ma tête au moment d’écrire c’était limpide!). Je voulais comparer ça avec les campagnes de pub vendues au CPM à 1$ du CPM ou encore avec Google AdSense. C’est pas avec ça qu’on rentabilise du bon contenu.

  • http://publigeekaire.com Publigeekaire

    Au delà du débat, le fait de rendre l’intégralité du contenu payant (et donc fermé) ne nuit-il pas au référencement de ces sites ?

    Ce que je veux dire, c’est que s’il faut un abonnement pour accéder au contenu, les robots des moteurs vont rester bloqués aux portes du site et du coup personne ne saura quelle super info on peut y trouver ? Ou je dis une bêtise ?

  • http://www.mikimya.com/blogue Aurelie Ponton

    Excellent ça comme façon de penser.

    Oui, je crois que le contenu de qualité se paye (et comment!). Cependant, sa valeur n’est pas encore reconnue. Tu le mentionnes très bien en disant que ça demande des ressources et du temps.

    Cependant, il peut être difficile de faire seulement l’un ou l’autre. Comme sur certains sites, l’accès intégral est payant, il pourrait en être de même pour le contenu. Un contenu “de base” gratuit, puis “payant-enrichi”?

  • http://stephguerin.com Steph

    @Publigeekaire En effet, avant de se mettre à dos le pote Google, j’espère qu’ils vont y penser en mettant des versions courtes de leurs textes…!

  • http://stephguerin.com Steph

    @Aurélie D’après moi, le modèle Freemium a plus d’avenir que le payant ou le gratuit uniquement 😉

  • http://www.mikimya.com/blogue Aurelie Ponton

    @Steph Ça me semble être ingénieux. J’ai toujours bien aimé le fait de faire un “teaser”, c’est pas bête perso.

  • http://unetouchedeplus.com/ Albert

    Les Gros? Du genre Mégars? (cliquez sur mon lien)

  • Pascal

    Étant un éternel “liseur de livre” pour toujours apprendre les nouvelles technologies de la bonne façon, je suis heureux de payer 40$ pour lire les nouveautés! En plus, si je paye sur internet c’est moins cher en ebook qu’à la librairie! C’est gagnant je trouve comme modèle.

    Par contre, il faut savoir mesurer les prix. Certains livres à 200$ ne valent vraiment pas la peine, ebook ou imprimé.

    safaribooks, acm et ieee ont tous une très bonne approche à charger pour le droit de lire leur contenu en ligne! Mais je dois avouer que c’est du très bon contenu!

  • Mike

    @Steph Je viens de trouver votre post repris sur twitter 🙂
    regardé le twitter d’allopass 😉

    En tous cas ce qui est intéressant c’est qu’une société de micropayment le reprenne a titre d’exemple pour tenter de lancer le débat.

    J’ai de mon coter retourner la question dans tous les sens, et la solution la plus sociale et rentable pour la presse en ligne et bel et bien “le kiosque unique en ligne” (comme l’appel Allopass).

    L’information est actuellement tellement diffuse et rapide que le seul moyen d’en recevoir le plus important est de poussé le qualitatif à son extrême et ceci à un cout de production et un prix d’achat, je pense que pour contenter tout le monde le mieux est le micropayment et c’est ce qui me fait plaisir que je vois Allopass reprendre votre article ce qui nous amènera dans un avenir plus ou moins proche a, peut être, voir ceci enfin aboutir !

    Signé un fervent lecteur 🙂

  • Guillaume

    hé, Steph ?!
    pourquoi tu le rends pas payant ton blog ?

    ben les journaux c’est peut-être un peu pareil, non ? Surtout qu’il y a la concurrence des blogs / sites web. N’importe qui peut publier maintenant…
    (publier quoi, c’est une autre histoire, et c’est celel que les médias payant veuilent raconter maintenant).

  • http://www.nvisolutions.com/ Francis

    @Publigeekaire
    C’est un vieux débat mais la solution à déjà été trouvé

    http://blogoscoped.com/archive/2006-06-19-n18.html

  • http://publigeekaire.com Publigeekaire

    @Francis : merci pour l’info. Il ne reste plus qu’à trouver une solution pour se faire passer pour un Bot 🙂

  • http://stephguerin.com Steph

    @Guillaume Je suis un chroniqueur, pas un journaliste. Rares sont les chroniqueurs qui ont assez d’influence et/ou d’audience pour rendre leur contenu payant.

  • http://www.k3media.com/ Jean-Marc Langevin

    Moi je me demande si le fait de fait de facturer les gens va les aider à retrouver les parts de marchés qui fondent comme neige au soleil.

  • http://www.deniscanuel.com Denis Canuel

    Le contenu de “niche” pourra toujours être payant. Il y a beaucoup de magazines spécialisés qui se vendent pour plusieurs centaines de dollars.

    D’ailleurs, certaines compagnies comme LexisNexis font une fortune en vendant l’information.

    Dans les deux cas, ils ont une clientèle très précise.

    Par contre, pour les nouvelles régionales, je ne crois pas que le contenu pourra être payant. On n’a qu’à penser aux “hebdos” dans la plupart des villes, ils sont la depuis plusieurs années déjà donc le modèle “gratuit” fonctionne…

    Je ne parlerais pas du journalismes citoyen non plus car c’est une autre manche. NowPublic vient tout juste d’être vendu pour 25M$ donc encore une autre confirmation que ce modèle fonctionne (ou du moins intéresse quelqu’un).

    Payer pour du contenu ciblé? Oui. Payer pour des nouvelles? Non.

  • http://www.k3media.com/ Jean-Marc Langevin

    En effet, il y a des niches, mais je ne crois pas qu’elles sont rentabilisé majoritairement par ceux qui les lisent mais plutot par ceux qui s’y affichent.

    C’est comme les journaux quotidien, le gros de l’argent vient des pubs et des annonces et non des abonnements, on a qu’à regarder le prix que ça coute de nos jours pour s’abonner. Plus de lecteurs = plus de valeur pour les pubs.

  • http://720lignes.blog.lemonde.fr Joey

    Ils misent peut-être justement sur une saturation des internautes sur la pub et les articles pourris.
    Ensuite, il y a toujours le possible effet d’annonce : on commence par annoncer que le contenu vaut 100 dollars par mois parce qu’il est super sérieux et de qualité, et on a plus de clients nouveaux lorsque qu’on annonce qu’exeptionnellement on offre désormais ce contenu pour 1,99.

  • Guillaume

    @Steph:
    je sais bien, mais pour les journalistes le problème est le même: c’ets celui de la surconcurrence.
    Il est tellement facile de publier maintenant que des tas de types publient, chaucn dans son domaine d’expertise. Que peuvent proposer les journaux payants: de la niche ou de l’approfondi. Bref, on est très loin du grnad public… et des floppées de VU nécessaire à des “mass medias”.
    Seuls les journaux thélmatiques ont uen chance dans cette logique, les généralistes ne peuvent plus tenter que la course à l’audience.

  • http://www.cyberpresse.ca Pierre Arthur – La Presse

    Bons commentaires sur la question du contenu gratuit versus le payant.
    Nous suivons cela avec interet. Le contenu générique est très abondant, et n’a pas de valeur. Le contenu “brandé” est rare, et ce qui est à fois rare et en demande a de la valeur. DOnc le WSJ, ou le Wine spectator peut mettre un ticket à l’entrée.
    Les éditeurs de journaux aux ÉU comme ici se posent encore plus la question depuis le début de la récession. Plusieurs intitiatives pourraient émerger cet automne, de News Corp – l’empire de Murdoch, des modèles de micropayment à la “1tunes”, et une initiative de guichet unique, le viewpass (newsosaur.blogspot.com/20...ded-to-publishers-in.html).

    A suivre avec interet et passion pour garder le contenu de qualité

  • http://pignerol.blogspot.com/ Pokpok

    … Intéressant!
    Je me faisais aussi la même réflexion…
    Mais je crois que le problème est encore plus profond que ca:
    Et si la presse écrite restait écrite… Un journal est un journal, un site internet est un site internet.
    Est ce que la presse écrite ne s’est pas fourvoyée dans le net… On y trouve tout et rien, avec des textes très accrocheurs et sans profondeur.

    Certains journaux (ex: le canard enchainé, hebdomadaire satirique français 400000exemplaires) arrivent encore a fonctionner sans pub et sans internet: seuls l’achat par les lecteurs permet de les faire vivre, et c’est un choix délibéré, pour rester indépendant.

    La presse ecrite n’aurait jamais du finir sur le net!

  • http://blogue.90degres.ca Jonathan Bergeron

    @Steph je ne pense pas que les contenus doivent devenir payant.

    Les journaux sont en compétition, et il restera toujours un petit journal prêt à publier gratuitement pour prendre le gros volume d’usagers qui ne veulent pas payer.

    Les coûts de production et de distribution chutent. Alors les marges devrait monter?

    On ne courent plus les nouvelles dans les journaux on lit les réactions de nos amis sur la nouvelle dans les réseaux sociaux.

    Les nouvelles ont’elle juste moins de valeurs?Selon moi, e journaliste n’est pas mort. Les journaux, les journalistes doivent juste offrir plus de valeur dans le contenu qu’ils produisent. Il doivent accepter d’être multiplate-forme et de veiller à entretenir leurs communautés.

    Surtout arrêter d’écrire la même chose dans des mots légèrement. 3 nouvelles et 3 opinions qui se ressemble sa fait beaucoup de papier qui vaut de moins en moins cher.