Growth 500, Elon Musk et lifestyle business

Le Growth 500, la liste des 500 entreprises canadiennes qui ont enregistré la plus forte croissance sur 5 ans. DashThis l’a fait l’année passée pour une première fois. On récidive cette année avec une 64e place.

Entouré de gros noms comme Shopify, Unbounce ou Chocolats Favoris.

Pas pire, pas pire!

» Lire le blog post officiel de DashThis

Mais est-ce que ça aurait pu être mieux? Ou pire?

Dans le fond, DashThis est parti de l’idée de faire une lifestyle business, pas de révolutionner le monde. L’objectif était le lifestyle, le moyen était DashThis. C’était très « Basecamp / 37 signal » comme philosophie: croissance lente, auto financé, profitable au jour 1, des semaines de travail raisonnables (quoique j’ai eu mon lot de semaines de 60h+), mettre les clients en avant, gérer serré. Au diable le standing, repasser des chemises, faire la une de TechCrunch et être un « m’as-tu vu ».

L’important était de pouvoir bien vivre, faire du vélo et des siestes. D’ailleurs, je sens toujours du perplexe quand je dis que DashThis est né de siestes et de rides de vélo quasi quotidiennes. J’ai jamais fait autant de vélo et de siestes que dans les 3-4 premières années! Si c’est pas lifestyle ça?

Alors être dans un classement des leaders de la croissance est un peu paradoxal, non?

Oui et non. C’est une conséquence plus qu’un objectif. Ça fait longtemps que j’admire les boîtes dans l’ombre qui sont des mines d’or silencieuses. Contrairement aux vedettes qui font du bruit, mais qui sont archi-endettées ou qui peinent à faire un maigre dollar de profit.

À l’inverse, des fois je me dis que je manque des opportunités. Quand je lis un livre comme la bio d’Elon Musk, ça m’inspire. Pas pour travailler plus nécessairement, mais pour avoir un plus gros impact.

J’ai plein d’idées qui méritent au minimum d’être testées (et plein qui valent que dalle aussi). Qui sait, une bonne idée, une vision et de la motivation et ça pourrait donner une boîte de 1000 employés? Un Shopify ou un Chocolat Favoris?

J’en vois déjà rire: C’est pas Stéphane ça.

Effectivement. Juré craché que si je fais ça un jour, c’est pas moi qui va être directeur général. No way, gérer plus de 10 personnes c’est pas ma tasse de thé. Mais le président un peu fou gardien de la vision? Pourquoi pas.

Si vous avez lu Start with Why ou This is Marketing, c’est tout moi ça.

Dans le fond un CEO comme Musk c’est un grand rêveur un peu débile qui réussit à attirer d’autres débiles dans son aventure tout aussi débile. Ça, ça me plait. Faire des choses «Pfff, ça marchera pas» ou à contre-courant.

Être différent.

Mais n’allez pas croire que je me compare à Musk dans son ensemble. 5 enfants, 2-3 divorces, des milliers d’employés, des centaines d’investisseurs qui scrutent chaque décision, la presse sur le dos, des semaines de travail de 100h++. Ses vacances? C’est prendre son jet pour aller à Disney avec ses enfants entre 2 meetings à Los Angeles.

Ouin, non, merci, je vais passer.

D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi il n’est pas déjà mort.

Mais sinon, sa mission et sa vision sont folles, mais limpides: Sauver l’humanité. Ça passe par coloniser Mars et développer les énergies propres et renouvelables.

Un ingénieur qui sort de l’école à le choix de travailler pour des bureaucraties lourdes sur des technos des années 70 ou pour un gars qui veut envoyer du monde sur Mars ou qui réinvente l’industrie automobile, chose qu’on avait pas vu depuis Chrysler en 1925.

Pour ma part, je suis plutôt entre les deux. Un mix de lifestyle et de vision débile. À beaucoup plus petite échelle, bien sûr. En fait, si on ne me trouve pas débile quand je parle d’une idée c’est probablement une mauvaise idée. Je rappelle que pas grand monde me trouvait sensé avec DashThis voilà 8 ans. Ni avec mes boîtes précédentes.

Et pourtant, nous voici en train de fêter avec du champagne.

Alors mieux ou pire? Je pense qu’on est tous un peu étonné d’avoir fait le classement l’année passée. Et probablement tout autant de l’avoir fait cette année. Tant mieux, c’est la surprise du travail bien fait. C’est facile de faire pire, mais mieux? Ça aurait peut-être demandé des sacrifices qui aurait magané l’aspect lifestyle. Pas sûr.

Et ça sera quoi les prochaines années? Ça, faut demander au CEO!

Chose certaine, c’est plein d’opportunités d’affaires et de croissance. Surtout en techno. Particulièrement dans un contexte où l’on peut avoir des clients partout sur le planète. C’est ça qui est le fun avec les problèmes à régler, c’est une ressource inépuisable et renouvelable.

Fortune favours the bold?

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