Hobby, business et profit

J’ai eu quelques bonnes discussions suite à mon billet sur les startups de la semaine dernière. Plusieurs d’entre elles sur les modèles d’affaires et les revenus. Pour faire suite à ces discussions, est sorti hier le classement des entreprises ayant la plus forte croissance au Canada (Bravo à Libéo, NVI et Adviso pour leur présence dans ce classement d’ailleurs).

Quel est le lien entre ce classement et les startups? Et bien, de un, une startup qui n’a pas de modèle d’affaire digne de ce nom n’a pas de grandes chances de faire un tel classement. Puis, ça illustre au moins une chose : Une entreprise qui ne fait pas de profit n’est pas une entreprise. C’est une OSBL ou un hobby.

Même si votre startup super cool a une croissance démesurée en termes d’utilisateurs, la règle est simple: Pas de profit, pas de business. C’est une œuvre de charité au mieux. Vous êtes chanceux de vivre de salade et d’eau du robinet.

Rien ne garantit qu’une tonne d’utilisateurs gratuits pourront être converti en dollars. On l’a bien vu au début des années 2000. Ceux qui ont acheté mes sites Web se sont levés un bon matin en nous demandant de convertir des utilisateurs gratis en utilisateurs payants. Résultat? #fail!

Trop souvent les projets Web sont basés sur la prémisse qu’on trouvera le modèle après avoir trouvé les utilisateurs. Ça fonctionne bien avec quelques compagnies comme Facebook, mais pour la grande majorité, c’est la voie vers l’échec.

Suffit d’imaginer la même mentalité dans les affaires «briques et mortier». Combien de temps survivrait un resto sans modèle d’affaire ou qui serait assez débile pour le financer?

A mon avis, un modèle d’affaires devrait faire partie du projet dès l’idéation. En fait, les deux questions à poser au départ sont « comment on va faire du fric avec ça » et « comment on va le faire connaître ».

Bien sûr, le modèle d’affaires peut et doit évoluer. Ça doit faire 5 fois que je peaufine / adapte / modifie le modèle de DashThis en 1 an seulement. Par contre, au jour 1, les revenus faisaient partie du plan de match.

Bref,  les revenus devraient occuper le tiers des discussions avec la distribution (livrer le produit aux bonnes personnes) et l’engagement (s’assurer que notre produit est utilisé). Autrement, on appelle ça un hobby.

Lecture complémentaire : Your startup’s top 3 priorities.

Partage avec tes potes!
  • http://matchfwd.com philgo20

    Je me permets de ne pas être tout à fait d’accord avec toi et je te relance avec l’excellent billet de la semaine dernière d’Andrew Chen.

    andrewchenblog.com/2012/0...how-will-they-make-money/

    <>

  • http://matchfwd.com philgo20

    “Business models are a commodity now, so “how will they make money?” isn’t an interesting question. The answers are all obvious.”

  • http://stephguerin.com Steph

    Hum. Ça sous entend une chose qui n’est pas évidente: Faire un tas de traffic! Ça prend une masse critique et pour l’atteindre, du runway suffisant pour survirre d’ici là.

    Oui, il y a plein de modèles plug and play, comme AdSense ou les régies de pub et c’est tant mieux, mais ce n’est pas le klondike non plus. Ça prend combien de pages vues pour faire 10 000$ en pub par mois avec AdSense? A moins d’être bien plogué directement aux annonceurs, la pub est un monde difficile…

    C’est un peu comme le MLM. C’est simple de se partir en affaires et de ne pas se tracasser avec la portion produits / revenus. Il ne reste à faire la distribution. Pourtant, beaucoup essaient, peu réussissent.

    Mais bon, c’est peut-être moi qui est borné aussi. Partir un projet en pensant aux revenus comme on choisit son mobilier de bureau, je n’y crois pas ben ben 😉