Même pas lancé et déjà 25 employés!

Même pas lancé et déjà 25 employés dans les bureaux les plus techno-startup-chill-buzz en ville. Et c’est vrai ça Steph? Ben non, c’est tout faux. Mais c’est ce qu’on veut que tout le monde croit quand on lance une startup.

No way qu’on veut avoir l’air d’une bande de zigotos, 1, 2 ou 3 fondateurs et un pigiste dans un sous-sol miteux. Qui voudra payer pour nos services alors qu’on a aucun standing? Il faut avoir l’air pro et big pour jouer dans la cour des grands. Comme si c’était mal vu de démarrer.

Pourtant.

Les exemples de compagnies qui ont démarré dans un sous-sol miteux sont nombreux. Google et Apple parmi les plus connues. Possiblement la majorité des startups technos avant d’avoir du financement. Toutes mes entreprises sont nées dans mon vénérable bunker ou dans un appartement cheapo.

Pour ma part, il y a toujours eu cette façon de se comporter quand je parlais de mon entreprise. Je parle en « nous », je reste vague sur le nombre d’employés ou la localisation de nos bureaux. Les textes sur le site Web, les meeting clients, les cartes d’affaires, les messages sur le téléphone. Tout est fait pour paraître big.

« As the saying goes, no one ever got fired for hiring IBM. But it seemed certain that someone could get fired for hiring me. I felt I had no choice but to act big. »
– Jason Fried

Been there. A toutes les fois.

C’était particulièrement drôle au début de Percute il y a 4 ans avec le pote Phil alors que bien des gens pensaient que nous avions 15-20 employés. Mais non, nous n’étions que deux bozos qui voulaient réussir. On était expert en distribution de poudre aux yeux!

Je me rappelle également la face de mes premiers acheteurs quand ils ont vu qu’on a bâti « tout ça » juste à deux personnes. De un, ils n’arrivaient pas à en faire autant avec leurs trentaine d’employés et de deux, ils pensaient que nous étions vraiment big. Ben non mon pote. C’est une véritable startup Internet : Une poignée de personnes qui botte les culs des grandes entreprises.

Ne pas être, mais avoir l’air

Mais pourquoi vouloir « avoir l’air »? Est-ce mal de démarrer et de bootstrapper? D’être petit? C’est sûr que ça laisse peu de chances pour convaincre les grands. Mais à l’étape du démarrage, les clients ne sont pas les grands. Ce sont des early adopters ou des PME avec le même genre d’esprit. On a pas le choix, il faut se faire la main et rôder la patente. Il faut se lever, tomber et réessayer avant d’être prêt à cogner aux portes des monsieurs en cravate.

Cette fois-ci, je veux y  aller avec une sauce plus transparente. Pas de bullshit sur la taille de l’entreprise ni sur le statut. C’est une entreprise en démarrage au stade 0.1 bêta. Je suis le seul employé temps plein et je travaille avec un indien et un indonésien à temps partiel. Je suis un francophone et mon anglais parlé fait dur. Mon drum est à côté de mon bureau et le divan dans la pièce d’à côté me permet de faire une sieste de temps à autre.

Et vous savez quoi? Je crois que ça va marcher pareil. Du moins, si le produit est bon. Dans un tel cas, je vais finir par trouver des clients, peu importe mon anglais ou mon nombre d’employés.

Me no speaking anglishe. Par contre je connais la business en maudit.

L’idée est de transformer tous ces aspects en force. On est petit? Tant mieux, c’est toujours le CEO qui te répond personnellement! Notre anglais est so-so? C’est parce qu’on vient de Québec, la plus ancienne ville francophone en amérique! Viens voir ça mon pote, tu vas être charmé. L’entreprise est nouvelle et pas rôdée? Super, tu vas profiter du meilleur service sur la planète parce qu’on ne voudra pas échapper aucun de nos premiers clients.

Bref, on peut embellir la réalité ou ne pas tout dire, mais je pense qu’il faut assumer son statut de startup et de se laisser grandir. A court terme c’est peut-être complexant d’être petit, mais certainement gagnant sur le long-terme.  Je pense qu’on préfère tous la transparence et l’honnêteté que de se rendre qu’on fait affaire avec une bande de bullshitteux qui en réalité sont une balloune vide.

Lectures intéressantes :
Don’t Exaggerate Your Size
You’re a little company, now act like one

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  • Jacques Giraudel

    Des billets qui décomplexes et qui donnent envie, merci 😉

  • http://www.optimisationV.com Jonathan Villiard

    Très intéressant Stéphane. De mon côté, j’ai pris cette décision de ne pas tenter de paraître “Big” après lecture du livre ReWork de la gang de 37signals.com.

    Extrait: “There’s nothing wrong with sounding your own size. Being honest about who you are is smart business, too. Language is often your first impression – Why start it off with a lie? Don’t be afraid to be you”.

  • http://guillaume.hormiere.free.fr Guillaume Hormiere

    Très intéressant et donne envie de monter sa startup!

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  • http://www.chrispouliot.com Chris

    Il y a un grand philosophe des affaires et ami commun qui nous a déjà dit autour d’un feu de camp… “Dude, l’important c’est d’être à la hauteur de sa bullshit”.

  • Guillaume Bérubé

    Ton blogue m’instruit et m’inspire depuis maintenant quelques années alors je me permets ce commentaire désagréable 😉 qui se veut surtout un conseil :

    “*Je* suis le seul employé temps plein et *je* travaille avec un indien et un indonésien à temps partiel.”

    puis :

    “*On* est petit? Tant mieux, c’est toujours le CEO qui te répond personnellement! *Notre* anglais est so-so? C’est parce qu’*on* vient de Québec, la plus ancienne ville francophone en amérique!”

    en partant le message diverge 🙁

    Je suis quand même partant pour tester “Sniffy” quand ce sera possible 😉

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