Série comment lancer sa startup en 12 étapes: 11e étape – La croissance

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Bon avec ces vacances qui nous changent les idées, où en étions-nous? Ha oui, nous avons discuté de stratégie de prix et là vous êtes des As de la vente. Le fric entre au camion.

Bravo!

Qu’est-ce qu’on fait maintenant? Et bien après avoir construit de bonnes bases solides et profitables, on grandit! On pense maintenant croissance. On peut tranquillement laisser la peur de ne pas réussir pour se mettre en mode turbo. Vers l’infini et plus loin encore comme disait l’autre.

On dit souvent que la croissance est un beau problème. C’est vrai que c’est mieux de gérer une entreprise qui va bien que l’inverse. Mais ça reste un problème pareil.

Mon ancien patron me disait « Si tu veux faire de la mécanique, part toi pas un garage ». Et bien c’est ça la croissance. Tu commences en faisant un peu de mécanique, mais lorsque tu as trop de demandes, tu engages, tu agrandis, tu empruntes, tu négocies avec les fournisseurs, etc. Tranquillement tu te rends compte que tu ne fais plus du tout de mécanique, mais que tu es rendu un gestionnaire!

Bien des entrepreneurs ne sont pas super bien outillés pour faire face à ça. Moi le premier, même si j’ai un MBA, j’ai appris sur le tas mon rôle de gestionnaire avec les bons et moins bons coups que ça implique.

Alors on grandit, c’est bien, mais on doit se demander comment on veut grandir.

  • On veut avoir 1000 employés?
  • On veut rester une p’tite shop artisanale?
  • On veut occuper tout le terrain?
  • On se contente de notre pointe de tarte?
  • On veut atteindre le top du top dans 3 ans et vendre à Google?
  • On vise la croissance lentement mais sûrement sur 15 ans?
  • On vise une ronde de financement A, B, C, D, E?

Vous voyez le genre.

Perso, je vois la croissance de DashThis dans le raffinement. C’est-à-dire effeuiller graduellement pour ne garder que l’ultra rentable. Se débarrasser du bois mort coûteux qui ne rapporte que peu. Je cultive un bonsaï, pas une forêt tropicale!

En d’autres mots, faire plus de profits avec moins de clients. Mieux servir ceux avec qui on a du fun à travailler et couper les ponts avec ceux qu’on aimerait étriper.

Comme j’aime dire quand j’explique ma vision à ma gang: Je ne veux pas plus de clients, je veux plus de revenus par client!

À l’inverse, on pourrait voir la croissance comme aller chercher toujours plus de clients. 5000. 50 000. 500 000 clients! Avoir plus de produits, plus de features, plus d’employés, plus de VP, plus, plus, plus.

J’avais déjà lu dans une entrevue de Jason Fried, le boss de BaseCamp, un truc intéressant sur la croissance :

« only two things grow for the sake of growth: businesses and tumors. »

Quand même!

En fait, le passage complet me rejoint :

I’m a fan of growing slowly, carefully, methodically, of not getting big just for the sake of getting big. I think that rapid growth is typically of symptom of… there’s a sickness there. There’s a great quote by a guy named Ricardo Semler, author of the bookMaverick. He said that only two things grow for the sake of growth: businesses and tumors. We have 35 employees at 37signals. We could have hundreds of employees if we wanted to—our revenues and profits support that—but I think we’d be worse off.

Évidemment, ce sont des choix personnels. Ça prend des Steve Jobs pour faire des Apple, mais ça prend aussi des Joe Bloe pour être le plombier sympa du coin.

Le plombier est peut-être moins glamour que Steve Jobs, mais ça ne veut pas dire qu’il est moins heureux et moins fier de lui. Et sais-tu quoi? Probablement qu’il a plus de fric que la moyenne des ours et qu’il se sacre ben de ne pas être en Une de TechCrunch.

Faut aussi faire attention. Ce n’est pas parce qu’on est plus « gros » qu’on est invincible. On fait juste tomber de plus haut quand on se pète la gueule. Il y a des entreprises de 250 employés avec des millions de revenus qui sont pris à la gorge et qui devront faire faillite.

Et il y a des p’tites shops de fond de sous-sol d’une poignée de personnes qui sont ultra-profitables.

Des entrepreneurs endettés jusqu’aux oreilles pour garder à flot l’image de leur entreprise performante, ça existe. Plus proche de nous qu’on pourrait penser même!

Qu’est-ce qui est mieux? Encore là, je n’ai pas la vérité et chacun fait ce qu’il veut.

Bref, la croissance ça reste un beau problème. Pour une startup, on prie tous un jour ou l’autre d’avoir ce problème, de ne pas fermer boutique avant. Rappelez-vous, plus de gens échouent qu’il y en a qui réussissent.

Ça ne veut pas dire de ne pas essayer.

Prochain et dernier stop de Start-up land, la diversification.

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