Valeur d’une entreprise… P’tits trucs pour évaluer si ta boîte vaut un magot ou un gros zéro

Rare sont les entrepreneurs qui ne se sont pas déjà posé la question au moins une fois: Combien vaut mon entreprise?

Ça arrive que du monde s’en foute (ici et , I’m a big fan tsé). Mais généralement on finit toujours par se poser la question.

Pourquoi?

Parce qu’on est pas con. Si on démarre une entreprise souvent pour des raisons autres que l’argent, on a tous des comptes à payer, une famille à faire vivre. Une entreprise c’est le fond de pension de l’entrepreneur alors même si on fait ça pour le fun et la liberté, l’enjeu final reste sérieux.

Tôt ou tard l’aventure va finir et l’entrepreneur devra soit vendre, soit fermer faute de relève ou d’intérêt.

Perso, depuis que je suis en affaires il m’est arrivé quelques fois de me faire approcher par des inconnus qui ont de l’intérêt. Des fois ça marche, d’autres non.

En fait, que ça cogne à la porte est un bon indicateur de santé et du potentiel de valorisation. Mes projets “poches” ne font pas sonner le téléphone. Les bons, oui.

Alors donc, combien vaut une entreprise?

Comme je ne savais pas trop, j’ai dû faire mes devoirs.

Et même si tu ne veux pas vendre, c’est bon de se poser la question. Tu pourrais vouloir associer un employé, engager un nouveau dirigeant, racheter / vendre un co-actionnaire ou bien chercher de l’investissement en échange d’équité.

Donc, ça vaut combien?

La réponse courte, et probablement la meilleure: Ça vaut ce que quelqu’un est prêt à payer.

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Peut-on encore réussir un produit SaaS en 2018?

Aucun doute, j’ai démarré DashThis dans un bon moment il y a 7 ans. Même si les produits SaaS (Software as a Service) n’étaient pas nouveaux à l’époque, il y en avait beaucoup moins qu’aujourd’hui.

Je ne sais pas combien il y en avait dans le temps, mais aujourd’hui, il y en a 13000+ de listé sur Angel List, Crunchbase en liste 17000.

Juste dans le domaine MarTech (marketing technology) il y en a 5000+!! En 2011 lorsque DashThis a débuté, ils en listaient 150… Une augmentation de 3200% en 5 ans. Et ça, c’est juste dans le domaine marketing.

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Quand même hein!

C’est comme mon premier site de rencontre. Il y en avait 2 dans mon marché quand j’ai lancé 4adate.net en 1998. Quand j’ai lancé SeducZone en 2002, il devait en avoir des centaines.

Plus de concurrence, plus difficile de percer, plus cher d’acquérir un nouveau client. Le domaine de la rencontre est rendu une histoire de gros sous, un domaine saturé et archi segmenté (rencontre pour les juifs, propriétaires de chiens, latinos, sportifs, albinos, retraités, etc, etc).

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Progresser

Des fois je trouve que le monde se casse le cul avec des détails. Ou encule des mouches comme aime dire le pote Phil.

Ça doit être la sagesse de mes 40 ans, mais quand je regarde avec du recul pourquoi je suis rendu où je suis, c’est-à-dire dans une position pas pire confortable, je me dis que j’ai du prendre une couple de bonnes décisions.

Sans doute une tonne de mauvaises, mais avec des bonnes pour compenser. Comme on dit, va à gauche ou va à droite, mais décide.

Je n’ai pas beaucoup de grosses victoires. Mes gros coups se compte sur les doigts d’une main amputée.

Par contre, je suis un abonné au club des p’tites victoires. Les petits gains. Les quick wins. Des trucs qui semblent anodins ou insignifiants. Mais qui au fil du temps, ça donne un putain de gros tas de victoires.

Comme au football. Les meilleures équipes ne sont pas celles qui font des hail mary à chaque jeu ou des courses de 55 verges. Ce sont celles qui pilonnent l’ennemi à coup de jeux de 4-5 verges. Un premier essai. Un autre. Et un autre.

Et BOOM, touché. 7-0.

Des p’tits jeux bien éxécutés. La base, une course au centre, pas le jeu truqué qui fonctionne rarement. Pendant 60 minutes. Rien de spectaculaire. Mais ça donne une victoire au final.

Et c’est ça qui compte, non? [Lire la suite…]

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Pourquoi toi? Ou petite réflexion sur la croissance

Au début de DashThis il y a 6 ans, c’était simple. La nouveauté de notre produit était suffisante pour attirer et retenir l’attention puis transformer ça en profits.

Avec le temps, la qualité, les features, le service ont remplacé la nouveauté comme facteurs pour générer des revenus et croître.

Mais aujourd’hui? Il y a comme un plateau qui m’embête. Oui, on est en croissance et oui, ça va très bien, mais je sens qu’il manque de quoi pour passer au prochain niveau.

Je sens qu’il nous manque une personnalité. Distincte, unique, forte, claire.

Pour ceux qui me connaissent, Stéphane Guérin est assez difficile à imiter.

Mais DashThis? C’est moins clair. Pour moi du moins.

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DashThis est maintenant rendu à 275 employés!

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Oups. J’ai fait une erreur dans le titre. DashThis emploie 27 personnes et non 275. C’est poche hein?

Pas du tout au contraire!

Mais il y a un truc que j’ai remarqué ces derniers temps, plus le nombre d’employés grossit, plus on est pris au sérieux, on a un meilleur pouvoir d’attraction des talents, tout le monde fait “wow, ça va bien vos affaires!”…

Pourtant, le nombre d’employés d’une compagnie en dit aussi long sur sa santé que la longueur de tes lacets ou la qualité de l’élastique qui retient tes bobettes.

En effet, tu peux avoir 100 employés et être archi endetté, à perte, non profitable, en train de mourir ou toutes ces réponses en même temps. Tu peux aussi vouloir gonfler ta prestance corporative pour te vanter d’avoir une “grosse” compagnie. Tu peux être financé, pas faire une cenne de revenus et être en train de tout flamber. Tu peux aussi faire une grosse gaffe d’engager trop de monde trop vite et te péter la gueule tout aussi rapidement.

A l’inverse, il existe des micro boîtes de 1-10 employés qui font une tonne de fric.

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F*** la compétition, même quand c’est Google

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Merde, Google vient d’ouvrir son produit de création de dashboard à tous, gratuitement.

Ça y’est, on est mort. On ferme boutique. Ciao bye, ç’a été l’fun le temps que ça duré.

Ben non, je niaise. M’en sacre pas mal de Google Data Studio comme tel. Autrement, c’est une bonne nouvelle pour nous qui valide le marché quand un gros joueur sort un tel produit.

Je suis peut-être têtu, borné ou insouciant, mais je n’ai pas l’habitude de me soucier de la compétition. J’ai plutôt l’habitude de me soucier de mon client.

En fait, quand j’ai parti DashThis voilà 6 ans on me disait à tous les jours “Ça marchera pas ton affaire, je peux tout faire ça direct dans Google Analytics!

En effet.

Mais moi je visais ceux qui cherchent à ne PAS faire ça dans Google Analytics. Ho, il n’y en a peut-être pas beaucoup, mais sur la planète, il y en a assez pour me faire vivre et me permettre de construire une belle entreprise.

Google, avec son produit Google Analytics ou son produit de dashboards Google Data Studio ne fera jamais tout, parfaitement, pour combler 100% des besoins de 100% du marché. Dans les p’tites craques, insignifiantes pour un géant, c’est là qu’on se trouve.

DashThis est un produit de niche. On occupe probablement 0.001% du marché et on vit très bien de même. Peu importe ce que les autres font, l’idée est d’être à l’écoute de ceux qui recherchent quelque chose de différent et de combler ce trou, si petit soit-il.

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Technos ou marketing? C’est le client, stupide!*

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*Variation de l’expression américaine, “It’s the economy, stupid”

Mettons que tu as une entreprise Web. Qu’est-ce qui est le plus important pour réussir, la techno ou le marketing?

Question simple, mais réponse différente selon le siège que l’on se trouve. Les gars de techno vont dire la techno. Les gars de marketing vont dire le marketing.

Et l’entrepreneur comme moi va dire que c’est n’importe quoi.

Du gros n’importe quoi.

Ce qui est important c’est de satisfaire le client, répondre à son besoin et le facturer. On est dans le business de régler le problème du client à sa pleine satisfaction. Point.

Ce n’est ni une question de techno et de marketing.

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L’objectif d’affaire ultime c’est de soulager le client de ce qui l’emmerde.

La techno n’est ni plus ni moins le “comment” on va réaliser l’objectif. Le marketing aussi.

La techno et le marketing sont au service du client et non l’inverse.

Bien honnêtement, t’as pas idée à quel point je m’en sacre que ton code soit beau-propre-béton. Le client n’achète pas le code beau-propre-béton. Il achète DashThis-qui-lui-promet-de-régler-son-problème.

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Petite histoire de congédiement déguisé et d’oppression d’actionnaire minoritaire qui a mal tourné

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Ce n’est plus le grand amour avec ton associé? Avant de faire des bêtises qui pourraient te faire tout perdre, prend 2 minutes et lit cette aventure qui m’est arrivé voilà pas trop longtemps.

En affaires comme dans un mariage heureux et épanoui, mieux vaut faire preuve d’ouverture, négocier et trouver un terrain d’entente mutuellement bénéfique plutôt que d’y aller avec des positions tranchées et fermées. Mais des fois, ça ne marche juste pas.

La relation avec mon ancien associé s’était mise à battre de l’aile depuis un moment. Pas sur la même longueur d’ondes. Friction. Distance. Ça arrive même dans les meilleures familles.

Ça fait parti de la game.

P’tit détail: comme je suis actionnaire majoritaire, j’ai un plus grand pouvoir sur certaines décisions alors disons que c’est moi le capitaine du bateau. Pas que je veuille être un enfoiré de dictateur, mais je n’apprécie pas quand on veut s’assoir sur moi pendant que j’essaie de conduire l’auto.

Il m’annonce donc son désir de quitter et me propose de le racheter, ce qui fait du sens. C’est souvent la meilleure façon de se quitter en bons termes.

Les négociations n’ont pas duré trop longtemps. Mon offre avec beaucoup de chiffres n’avait justement pas assez de chiffres pour le contenter. Sans entrer dans les détails, je lui ai offert de me racheter à la valorisation qu’il demandait puisqu’il croyait que c’était la juste valeur.

S’il avait dit oui, je serais aujourd’hui à la retraite en me tapant sur les cuisses pour ce coup d’argent surréaliste. Mais non, il n’a pas voulu. Stivident. C’est drôle exiger un prix astronomique sauf quand ça nous revient dans face.

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Alors étant à des kilomètres de s’entendre on a laissé faire cette option pour régler le différend.

À mon avis, il a refusé mes offres trop rapidement sans vraiment y réfléchir. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit des montants comme ça… Rappelle toi ma devise mon pote: Take the money and run!

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